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Santé – Sciences

Le CHRU de Tours tente de guérir les victimes de Stress Post Traumatique

mardi 13 février 2018 à 8:56 Par Annabelle Wanecque, France Bleu Touraine

Comment guérir d'un traumatisme ? Comment ne plus ressentir de souffrance à l'évocation d'un souvenir douloureux ? Des questions d'autant plus prégnantes aujourd'hui après la vague d'attentats que l'on a connue en France et qui a laissé nombre de Français traumatisés. Une étude est en cours à Tours.

Plusieurs victimes des attentats du 13 novembre participent à cette étude tourangelle
Plusieurs victimes des attentats du 13 novembre participent à cette étude tourangelle © Maxppp - Maxppp

Indre-et-Loire, France

Le SPS, ou Stress Post Traumatique, est un mal particulier, qui survient après un traumatisme (attentat, accident grave, agression physique ou sexuelle...) et qui empêche sa victime de vivre normalement, celle-ci ressentant de la colère, de la honte et/ou de l'angoisse au quotidien. Une étude est donc en cours en ce moment à la clinique psychiatrique de Saint-Cyr-sur-Loire, qui dépend du CHRU. A huit reprises, pendant deux semaines, 27 patients victimes d'un SPS, un Stress Post Traumatique, ont ainsi reçu des ondes magnétiques. Celles-ci sont allés directement activer une zone du cerveau, une sorte de tour de contrôle censée apaiser les émotions douloureuses. 

La séance se déroule pendant une vingtaine de minutes

Le sujet s'installe dans un fauteuil, la tête bien calée dans un coussin. Il a un texte à la main, un texte qui raconte son souvenir douloureux et qu'il va lire pendant qu'une bobine placée au contact du front va délivrer des ondes magnétiques à destination d'une zone du cerveau. Le but c'est que celle-ci finisse par jouer son rôle, en apaisant la douleur. "On ne modifie pas la mémoire, on modifie la mémoire émotionnelle, on se rappelle de ce qu'on a vécu sans être paralysé par l'émotion" explique le Docteur Wissam El Hage, professeur de psychiatrie et investigateur principal de cette étude. Car c'est bien ça l'enjeu, permettre à tous les traumatisés de retrouver une vie normale. "Imaginez que vous avez été victime des attentats, vous n'avez plus le courage de sortir de chez vous" détaille le Docteur Wissam El Hage. "Vous avez peur d'être agressé, vous êtes en insécurité, vous avez comme des obsessions, des images, des pensées qui vous envahissent une grande partie de la journée et ne vous laissent pas tranquilles la nuit, il y a des cauchemars qui vous réveillent et vous empêchent de dormir. C'est un impact majeur sur la vie des gens". 

Et les premiers retours sont plutôt bons

Des patients qui ont participé à l'étude disent avoir éprouvé un important sentiment de soulagement. Parmi les patients qui ont déjà participé à cette étude, on trouve plusieurs victimes des attentats du 13 novembre, des victimes d'événements de guerre comme d'anciens militaires mais aussi des victimes d'agressions physiques ou sexuelles. Pour être validée, l'étude doit encore trouver une trentaine d'autres patients. Le Docteur Wissam El Hage va d'ailleurs donner une conférence sur le sujet ce mardi soir, ce sera à 18h30 à la salle Senghor, 1 bis rue de la préfecture à Tours, l'entrée sera gratuite.

Une autre étude est actuellement menée à Tours, et plus largement dans tout le Grand Ouest, à Poitiers, Angers, Nantes et Rennes. Son principe est le même, mais à la place des ondes magnétiques, c'est un courant continu à faible intensité qui vient activer la zone du cerveau concernée.