Santé – Sciences

Le CHU de Dijon forme ses personnels aux risques d'attentats terroristes via le "damage control"

Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne vendredi 17 février 2017 à 19:10

Au CHU de Dijon,  ce vendredi 17 février 2017, les personnels se sont entraînés à prendre en charge un grand nombre de victimes d'attentats
Au CHU de Dijon, ce vendredi 17 février 2017, les personnels se sont entraînés à prendre en charge un grand nombre de victimes d'attentats © Radio France - Thomas Nougaillon

C'est la conséquence directe des attaques qui ont touché Paris et Nice en 2015 et 2016. Depuis des mois les hôpitaux Français s'entraînent pour faire face à la menace. Les participants à ces formations, médecins, infirmiers, doivent prendre en charge des patients blessés par armes de guerre.

L'extrême urgence, dans les hôpitaux, ont sait faire. En cas de gros accidents de la route ou de grosses épidémies, la direction de l'hôpital peut décider de déclencher son "Plan Blanc". Par exemple à Dijon, la dernière fois que ce "Plan Blanc" a été activé, c'était en novembre 2010, au moment de l'incendie du foyer ADOMA, incendie qui avait fait 7 morts et une dizaine de blessés graves.

Comme les autres, le CHU de Dijon se prépare, vendredi 17 février 2017 - Radio France
Comme les autres, le CHU de Dijon se prépare, vendredi 17 février 2017 © Radio France - Thomas Nougaillon

Ce "Plan Blanc", ce plan d'urgence permet de définir en temps réel les moyens matériels et humains à mettre en place pour faire face à un nombre élevés de victimes. A l'intérieur de ce document: un ensemble de fiches réflexes et de préconisations opérationnelles. Tout y est décrit noir sur blanc: il faut recenser les lits disponibles, mettre en place les procédures de rappel des personnels par SMS ou par téléphone ou encore gérer l'accueil des familles et l'approvisionnement en produits pharmaceutiques.

Le Plan Blanc devait être amendé

Mais ce "Plan Blanc" ne prenait pas en compte les risques d'attentats. Il a donc fallu compléter ce document par de nouvelles procédures. Et de nouvelles formations ont donc été mises en place. Ces formations intitulées "damage control", pour "contrôle des dégâts", s'adressent à l'ensemble des professionnels hospitaliers médicaux et paramédicaux. La dernière session de "damage control" a eu lieu ce vendredi 17 février 2017 au CHU de Dijon, 24 personnes y ont pris part, encadrées par une dizaine de formateurs. Les formations durent une journée de 8h30 à 17h.

Ce mannequin en latex simule une victime dont la jambe a été arrachée! Premier geste d'urgence: poser un garrot. - Radio France
Ce mannequin en latex simule une victime dont la jambe a été arrachée! Premier geste d'urgence: poser un garrot. © Radio France - Thomas Nougaillon

Des blessures par armes de guerre ou engins explosifs

Les participants sont mis en situation, comme s'ils avaient à prendre en charge des patients blessés par armes de guerre ou par des engins explosifs! C'est le CESU 21, le Centre d'Enseignement des Soins d'Urgence du CHU qui a conçu les formations dispensées à Dijon. Il s'agit de petits ateliers animés par des médecins et des infirmiers anesthésistes référents dans le domaine de la médecine de catastrophe.

Pour plus de réalisme, un liquide rouge, s'échappe du membre arraché, c'est de l'eau colorée - Radio France
Pour plus de réalisme, un liquide rouge, s'échappe du membre arraché, c'est de l'eau colorée © Radio France - Thomas Nougaillon

400 personnels formés en 2017

Coût de ces formations "damage control": 160 euros par participant, une somme financée entièrement par la formation continue du CHU. Depuis septembre 2016, 8 sessions "damage control" ont déjà été proposées par les équipes du CESU 21. 271 professionnels -dont 60 médecins et 119 infirmiers- issus des établissements hospitaliers Bourguignons. Les personnels formés proviennent du CHU de Dijon mais également des centres hospitaliers de Beaune, Semur-en-Auxois, Chaumont ou encore Paray-le-Monial. Le CHU estime que d'ici à octobre 2017, plus de 400 personnels auront suivi cette formation "attentat".

Un participant effectue un point de compression, sous son gant, une balle a pénétré la cuisse du patient - Radio France
Un participant effectue un point de compression, sous son gant, une balle a pénétré la cuisse du patient © Radio France - Thomas Nougaillon
Quelques uns des personnels qui ont pris part à la formation "attentat" ce vendredi 17 février 2017 - Radio France
Quelques uns des personnels qui ont pris part à la formation "attentat" ce vendredi 17 février 2017 © Radio France - Thomas Nougaillon

Aurélie Gloaguen, médecin, responsable du CESU 21

Reportage