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Le départ du cardiologue à plein temps de l'hôpital du Blanc crée l'inquiétude

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Par , France Bleu Berry

Les usagers de l'hôpital du Blanc et un groupe d'élus s'alarment du départ du cardiologue à plein temps le 20 mai. Le médecin sera partiellement remplacé par des praticiens venus du site Châteauroux, annonce la direction et l'ARS. Insuffisant, selon le Comité de défense, qui se mobilise.

Les élus de la Brenne, la sénatrice de l'Indre et le Comité de défense de l'hôpital du Blanc se mobilisent pour que le docteur Yaouanc soit remplacé à plein temps.
Les élus de la Brenne, la sénatrice de l'Indre et le Comité de défense de l'hôpital du Blanc se mobilisent pour que le docteur Yaouanc soit remplacé à plein temps. © Radio France - François Chagnaud

L'avenir de l'hôpital du Blanc préoccupe le Comité de défense des usagers de l'établissement de la Brenne. Ce 20 mai marque le départ du docteur Gildas Yaouanc, le cardiologue à plein temps du site. Pour le remplacer, la direction de l'hôpital et l'Agence régionale de santé prévoient dans un premier temps de détacher au Blanc des cardiologues de l'hôpital de Châteauroux, un jour par semaine. Une solution insuffisante et irréalisable selon un groupe composé d'élus de la Brenne, du Comité de défense des usagers de l'hôpital du Blanc et la sénatrice de l'Indre Frédérique Gerbaud. Tous se mobilisent pour dénoncer ce qu'ils appellent "La Grande Casse" de l'établissement blancois. 

L'Agence régionale de santé répond à ces inquiétudes dans un courrier daté du 5 mai 2021 adressé à Frédérique Gerbaud. "(...) un cardiologue du centre hospitalier de Châteauroux le Blanc effectuera des consultations sur le site du Blanc. Le volume de ces consultations sera adapté à la demande de soins : ce praticien exercera dans un premier temps à hauteur d'une journée hebdomadaire. Ce temps pourra être augmenté en cas de besoin", écrit le directeur général de l'ARS Laurent Habert. L'autorité de santé et l'hôpital affirment également compenser le départ du cardiologue par l'arrivée d'un spécialiste en pneumologie et médecine générale. 

Colère des usagers et des élus 

La proposition de l'ARS et du centre hospitalier met le feu aux poudres. "Ce n'est pas acceptable, rétorque la sénatrice de l'Indre Frédérique Gerbaud. Nous avons demandé un cardiologue à plein temps sur le site du Blanc. Il se trouve que l'hôpital de Châteauroux est en grande difficulté dans ce service et n'est donc pas en capacité de déployer ces effectifs". 

La directrice du centre hospitalier Châteauroux le Blanc reconnaît ces difficultés. Mais Evelyne Poupet assure que le recrutement de nouvelles forces vives est en cours. "Les effectifs de l'hôpital de Châteauroux sont en train de se reconstituer. Nous avons aussi des intérimaires de façon régulière, ce sont des fidèles (...) nous avons beaucoup d'espoir". L'objectif de recrutement de dix spécialistes en cardiologie sur le site de Châteauroux n'est pour l'instant, pas atteint. 

Les élus à leurs côtés, les membres du Comité de défense des usagers de l'hôpital du Blanc se sont emparés du sujet. La sénatrice de l'Indre entend bien apporter le dossier sur le bureau du ministre de la Santé Olivier Véran dans les semaines à venir. Les membres du Comité s'apprêtent à alerter les quelque 70 000 habitants du bassin de santé du Blanc, sur les marchés, tract "La Grande Casse" à la main.

"Comment assurer un suivi minimal dans ces conditions ?"

Le départ du cardiologue Gildas Yaouanc naît d'un désaccord sur les conditions de son exercice. Le médecin officie à plein temps sur le site du Blanc, mais à l'âge de 70 ans, souhaite réduire son rythme de travail et passer à 80%. La direction de l'hôpital propose au cardiologue de garder une activité de consultation à hauteur de 40%. "L'activité technique du docteur Yaouanc ne nécessite pas du tout une présence à temps plein", assure la directrice du centre hospitalier, Evelyne Poupet. Il décline la proposition : "on m'a proposé 40% uniquement en consultation c'est à dire, sans m'occuper des patients hospitalisés. Ce n'est pas satisfaisant car il y a en hospitalisation beaucoup de patients qui présentent des problèmes cardiaques", justifie le praticien. 

"Je suis présent cinq jours par semaine, et je ne pouvais pas faire face. Si vous proposez le cinquième de ce qui existait jusqu'à présent, il est évident que le service rendu sera tout à fait différent. Comment assurer un suivi minimal dans des conditions ? Les patients cardiaques sont souvent des gens instables qui ont besoin d'un suivi. Si il n'y a plus de cardiologue pour faire ces examens et les interpréter, il y aura un gros manque" poursuit-il. "Hier soir, je n'étais pas de garde, je n'étais pas d'astreinte, on m'a appelé et je suis allé débrouiller un problème aux urgences. En revenant, j'étais un peu catastrophé. Il y avait un examen spécialisé que j'étais le seul à pouvoir faire dans cette zone. Que se passera-t-il demain ? Que serait-il arrivé au patient ?"

La direction accusée d'entreprise de démolition

Gildas Yaouanc n'hésite pas à tirer à boulets rouges sur en direction de la directrice de l'hôpital, Evelyne Poupet. "Pour moi la présence de cette unité de soins en continu est un caillou dans sa chaussure. Un obstacle dans son plan de détruire l'hôpital du Blanc en tant qu'hôpital actif. A terme, Le Blanc subira le même sort que Châtillon-sur-Indre, Valençay, Levroux et deviendra un établissement d'hébergement de moyen séjour, de soin de récupération", assène le cardiologue. 

La directrice du centre hospitalier de Châteauroux le Blanc, Evelyne Poupet, réfute fermement ces accusations. "Les consultations de cardiologie existeront toujours. Les urgentistes savent traiter les urgences des pathologies cardiaques chez les personnes âgées. Il y a tout ce qu'il faut. Et les pathologies comme les infarctus du myocarde seront transférées dans d'autres établissements, comme c'est le cas aujourd'hui. L'hôpital de Châteauroux n'a pas la prétention d'arrêter l'activité de cardiologie sous forme de consultation. Bien au contraire, puisqu'il y aura un cardiologue, peut-être deux qui se déplaceront à hauteur des besoins de la population dès le départ de M. Yaouanc. Peut-être que demain nous recruterons un autre médecin cardiologue. Je ne sais pas."

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