Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Les médicaments anti-Alzheimer ne seront plus remboursés dès le 1er août, un "coup bas" pour les proches de malades

jeudi 31 mai 2018 à 16:18 - Mis à jour le vendredi 1 juin 2018 à 7:32 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Les médicaments anti-Alzheimer, jugés "inefficaces" par la Haute autorité de santé, ne seront plus remboursés dès le 1er août. L'arrêté est publié ce vendredi au journal officiel. Une décision contestée par des professionnels de santé et l'Association France Alzheimer, qui dénonce "un coup bas".

Une patiente souffrant de la maladie dans une maison de retraite de l'Essonne.
Une patiente souffrant de la maladie dans une maison de retraite de l'Essonne. © AFP - SEBASTIEN BOZON

Les médicaments anti-Alzheimer, jugés insuffisamment efficaces et potentiellement risqués, ne seront plus remboursés à compter du 1er août, selon un arrêté officialisant une décision gouvernementale qui suscite le tollé d'associations de malades et de professionnels. 

Selon cet arrêté du ministère de la Santé publié ce vendredi au Journal officiel, cette mesure concerne quatre médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) et leurs génériques qui traitent les symptômes d'Alzheimer et étaient jusque-là remboursés à hauteur de 15% par l'Assurance maladie. La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé lundi sa décision, suivant l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS), qu'elle dirigeait avant son entrée au gouvernement.

Des médicaments "néfastes"

Mercredi sur France 3, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn avait confirmé que l'Aricept, l'Ebixa, l'Exelon, le Reminyl et leurs génériques seraient bientôt complètement à la charge des patients. Ces traitements, jugés "néfastes" par la Haute Autorité de santé, sont actuellement remboursés à hauteur de 15% par l'Assurance maladie et coûtent environ 90 millions d'euros par an à la Sécurité sociale. Mais "ce n'est pas pour des raisons budgétaires" qu'ils ne seront plus remboursés, a assuré la ministre de la Santé précisant que "ces médicaments" entraînent "beaucoup d'effets secondaires, dont des fractures et des chutes."

Ce n'est pas l'avis de la Fédération des centres mémoire, la Fédération française de neurologie, la Société française de neurologie, la Société française de gériatrie et de gérontologie, et la Société Francophone de psychogériatrie et de psychiatrie de la personne âgée. Dans un communiqué, ces cinq organisations professionnelles expliquent  que "selon plusieurs méta-analyses, les médicaments symptomatiques qui pourraient ne plus être remboursés demain ont prouvé leur efficacité sur la cognition dans la maladie d'Alzheimer, la maladie à corps de Lewy et la démence de la maladie de Parkinson."

Ces médecins appellent à "un nouvel examen des résultats scientifiques réels des grandes études internationales avant de prendre une décision définitive qui isolerait la France et, surtout, serait délétère pour les patients français et leur entourage".
 

"Un coup bas"

Un avis partagé par  l'Association France Alzheimer qui rassemble des familles de patients. Sur franceinfo, son directeur délégué, Benoît Durand, dénonce "un coup bas" ce jeudi et demande "un moratoire" pour mettre en place une concertation.

"Si efficacité signifie guérir, il n'y a en effet pas encore aujourd'hui de médicament qui guérisse la maladie d'Alzheimer. Nous savons que l'efficacité est modeste, mais en fonction des prescriptions et des cas cliniques, il y a quand même une petite avancée. Il faut savoir que les familles se raccrochent à peu de choses pour accompagner les malades" a-t-il argumenté.

"Le déremboursement revient à rajouter des frais supplémentaires pour des familles qui, peut-être, n'auront pas les moyens de les financer" a-t-il ajouté précisant que même si ces traitements "ne sont aujourd'hui remboursés qu'à hauteur de 15 à 20%, l'impact est quand même fort car le montant à la charge des familles est déjà de 1200 euros par mois."