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Coronavirus : le difficile confinement dans les quartiers populaires des deux Charentes

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Par , France Bleu La Rochelle

Difficile de s'isoler dans son logement quand on vit en appartement HLM. Dans les quartiers populaires de nos deux Charentes, beaucoup de jeunes continuent de passer leurs journées à l'extérieur. Les travailleurs sociaux se démènent pourtant pour expliquer l'importance de la distanciation sociale.

Dans le quartier de Basseau à Angoulême comme ailleurs, les rues de sont vidées de leurs habitants confinés chez eux. Mais le confinement reste très difficile à appliquer pour les jeunes, rétifs à l'autorité.
Dans le quartier de Basseau à Angoulême comme ailleurs, les rues de sont vidées de leurs habitants confinés chez eux. Mais le confinement reste très difficile à appliquer pour les jeunes, rétifs à l'autorité. - Alain Chérif

Le confinement se renforce, des maires décrètent le couvre-feu... Ces mesures destinées à ralentir la pandémie de coronavirus restent difficiles à appliquer dans les quartiers populaires, avec des familles parfois nombreuses bloquées dans leurs petits appartements. Malgré tout, les rues des quartiers HLM se vident elles aussi peu à peu. Exemple dans le quartier de Basseau à Angoulême.

Alain Chérif tient le seul commerce du quartier populaire de Basseau : une boucherie qui fait aussi dépôt de pain, épicerie et primeurs. Dépourvu de masque, le commerçant tente d'y faire respecter les mesures barrières. Et il sort aussi souvent à la rencontre des jeunes qui traînent toute la journée dans le quartier.

La distanciation sociale, une mesure de prévention contre le coronavirus très difficile à faire entrer dans la tête des grands adolescents, qui ont bien du mal à respecter les gestes barrières. - Aucun(e)
La distanciation sociale, une mesure de prévention contre le coronavirus très difficile à faire entrer dans la tête des grands adolescents, qui ont bien du mal à respecter les gestes barrières. - Alain Chérif

A 17 ou 18 ans, impossible de rester chez soi

"Je leur dis : ne restez pas comme ça, écartez-vous, gardez au moins un mètre de distance, parce que vous ne pouvez pas leur demander de rentrer, c'est impossible !" se désespère le commerçant de 55 ans, dont le père est âgé. Il craint qu'ici aussi à Basseau, le coronavirus fasse des ravages.

Une menace difficile à faire entrer dans le crâne des jeunes : "ils ont 17 ou 18 ans, ils ne peuvent pas rester confinés dans un appartement ! Avec les frères et sœurs en plus, à regarder Gulli... et puis il fait beau, vous avez vu ce temps. C'est dur de rester enfermé dans ces conditions."

Défiance vis-à-vis des autorités

Et puis il y a cette vieille défiance envers la parole officielle venant des autorités, dans ces quartiers délaissés où le chômage est important. Beaucoup d'habitants lui préfèrent les rumeurs véhiculées par les réseaux sociaux, comme Alain Cherif l'entend régulièrement dans son magasin : "quand j'entends mes clients dire que c'est fait exprès, pour tuer un maximum de gens, je me dis : mais vous êtes complètement à la masse, mes enfants !"

Un message de prévention également porté par les médiateurs de l'association Omega, qui continuent pour l'instant d'intervenir dans les quartiers de l'agglomération d'Angoulême, malgré le risque de s'infecter et de devenir vecteurs de la contamination, alors qu'ils sont en grande partie dépourvus d'équipements de protection (masques...).

La police fait des patrouilles régulières dans le quartier de Basseau à Angoulême. Mais les jeunes s'enfuient aussitôt comme "une volée de moineaux", constate le commerçant Alain Chérif. - Aucun(e)
La police fait des patrouilles régulières dans le quartier de Basseau à Angoulême. Mais les jeunes s'enfuient aussitôt comme "une volée de moineaux", constate le commerçant Alain Chérif. - Alain Chérif

Des travailleurs sociaux sur le terrain

Lors de leurs tournées, les travailleurs sociaux respectent deux à trois mètres de distance, et passent toujours le même message sur les gestes barrières et la distanciation sociale : "la pédagogie c'est l'art de la répétition" confirme Cédric Jégou, le directeur d'Oméga.

La police patrouille elle aussi, avec moins de résultat, comme le commerçant Alain Chérif le constate tous les jours : "quand ils viennent, c'est une volée de moineaux. Tous les jeunes rentrent dans les bâtiments, vont se planquer, et hop! dès que les policiers sont partis, ça réapparaît." Reprend alors aussi le trafic de stupéfiants, qui fait en partie vivre les quartiers populaires : "Macron a dit qu'il fallait continuer à travailler. Là, les jeunes écoutent" sourit Alain Cherif, natif de ce quartier de Basseau, où son épicerie est un des rares lieux de vie.

La montée des conflits de voisinage

Malgré tout, le message commence à passer selon Alain Cherif, qui relève moins de monde dans les rues de son quartier depuis quelques jours. Même sentiment du côté de Cédric Jégou, le directeur de l'association Omega, inquiet en revanche de la durée de ce confinement : "on a des prémices de conflits de voisinage qui apparaissent."

Une conséquence logique de l'isolement en immeuble, selon Cédric Jégou :  "c'est compliqué de vivre avec ses voisins autour. Il suffit qu'il y ait des voisins qui font un peu de bruit, on a un seuil de tolérance qui s'abaisse naturellement, avec du stress. Déjà qu'en temps normal, c'est pas évident, mais là, il peut y avoir des réactions exacerbées."

Le téléphone pour faire baisser la tension

C'est aussi l'intérêt de maintenir une présence physique des médiateurs dans les quartiers. L'intervention a domicile est proscrite, trop de risques de contamination. "Par contre, un échange avec une personne sur son balcon, ça a toute son utilité." Oméga pratique aussi massivement les entretiens téléphoniques, avec au besoin le renfort de la psychologue de l'association.

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