Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Le directeur du CHU de Saint-Etienne répond aux urgentistes en grève

-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Le personnel des urgences du CHU de Saint-Etienne poursuit la grève débutée en juin. Son directeur, Michaël Galy, leur apporte des éléments de réponse.

L'entrée des urgences du CHU de Saint-Etienne.
L'entrée des urgences du CHU de Saint-Etienne. © Radio France - Guillemette Franquet

Saint-Étienne, France

Le directeur du centre hospitalier de Saint-Etienne, Michaël Galy, le reconnaît volontiers. Le service des urgences est marqué par un manque de médecins et des attentes parfois très longues. Après le triste record du patient resté 120 heures sur un brancard la semaine dernière, la prise en charge la plus longue en ce mardi 6 août est de 58 heures, selon Julie, une des infirmières du service.

Désormais, les patients pris en charge aux urgences doivent attendre dans des box individuels, allongés sur des brancards, que l'hospitalisation dans le service médical adapté soit possible. Il y avait 40 personnes sur des brancards à 14h, dont 17 patients de plus de 70 ans, toujours d'après l'infirmière urgentiste Julie.

Le manque de médecins urgentistes

Pour Michaël Galy, directeur du CHU de Saint-Etienne, le cœur du problème est le manque de médecins dans le service des urgences, dû à l'absence d'attractivité du CHU de Saint-Etienne : "Un tiers des postes sont vacants. Nous avons du mal à recruter des médecins, voire à garder ceux qu'on a recrutés. C'est pour ça que les 20 lits d'hospitalisation de courte durée aux urgences ont dû fermer pour l'été."

Pourtant, l'enveloppe existe pour accueillir de nouveaux médecins. Selon Michaël Galy, il en faudrait huit de plus dans le service pour qu'il ne soit plus saturé. Le directeur du CHU espère que les internes en fin de formation aux urgences accepteront de signer un contrat de médecin début novembre. 

Ce problème de recrutement, Julie, une des infirmières urgentistes, le connaît. Pourtant, ce ne serait pas la seule explication à l'engorgement du service : "Les lits manquent dans différents services. Une fois aux urgences, on attend parfois qu'un lit ailleurs se libère pour y envoyer le patient". 

Des mesures à plus long terme pour éviter l'engorgement des urgences

Une piste que le directeur du CHU étudie serait le renforcement des liens entre médecine de ville, c'est-à-dire notre médecin traitant, et médecine hospitalière. Michaël Galy voudrait favoriser les dispositifs d'admission directe. Par exemple, quand un patient a une maladie chronique, son médecin traitant pourrait l'envoyer directement dans le service spécialisé à l'hôpital sans qu'il ne passe par les urgences. 

Parmi les propositions de la réforme "Ma santé 2022", mise en œuvre par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, le directeur du CHU a repéré celle des postes médicaux partagés pour répondre aux problèmes des urgences. Il s'agirait de recruter des médecins qui partageraient leur temps de travail entre leur cabinet et l'hôpital. 

La prime pour les urgentistes, une réponse adaptée ? 

Pour répondre à la crise nationale des urgences, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a promis en juin une prime "de risque" pour les urgentistes hors médecins, 100 euros nets mensuels pour compenser les comportements parfois violents des patients envers le personnel soignant.

Michaël Galy confirme l'arrivée de la prime : "Elle sera versée fin août au personnel soignant. Comme elle est rétroactive à partir de juillet, ils recevront 200€ ce mois-ci puis 100€ par mois."

Malgré la prime, Julie, infirmière aux urgences, n'a pas l'impression que leurs revendications sont entendues : "Oui, la prime est justifiée, on se fait menacer tous les jours. Mais c'est un pansement sur une jambe de bois."

Pour Julie, il vaudrait mieux reprendre le problème à sa source : "Les gens sont stressés car ils attendent trop longtemps. Il vaudrait mieux avoir plus de lits et plus de médecins urgentistes." Et sa collègue de murmurer : "On préférerait ne pas avoir de prime et que les gens attendent moins aux urgences".