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Santé – Sciences

Le Finistère, département le plus touché par les arrêts de travail pour des troubles musculo-squelettiques

280.000 jours d'arrêt de travail : c'est la conséquence des troubles musculo-squelettiques des salariés en 2018 dans le Finistère. Le département est le plus touché, notamment en raison des secteurs d'activités nécessitant de la manutention qui y sont plus développés.

L'entreprise Bio Bleud basée à Ploudaniel a automatisé une partie de la production pour laisser les salariés gérer les tâches moins physiques
L'entreprise Bio Bleud basée à Ploudaniel a automatisé une partie de la production pour laisser les salariés gérer les tâches moins physiques © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Finistère, France

C'est un chiffre en hausse de 4,6% l'an dernier alors qu'il s'était jusque là stabilisé. Lumbago, tendinites, cervicalgies... Le nombre d'arrêts de travail liés aux troubles musculo-squelettiques (TMS) dans le Finistère dépasse de loin la moyenne bretonne, elle-même deux fois supérieure à la moyenne nationale. En 2018, il y a eu près de 280.000 jours d'arrêt dans le département, (837.000 dans toute la région). "On reste une terre d'industrie manufacturière avec de la manutention manuelle", explique Jean-Michel Fougères, ingénieur régional adjoint des risques professionnels à la CARSAT (caisse d'assurance retraite de la Sécurité Sociale).

Développer la prévention

Certaines entreprises ont pris les devants pour limiter les risques pour leurs employés. Chez Bio Bleud, PME de 25 salariés qui fabrique des pâtes à dérouler et des galettes, c'est toute la chaîne de production qui a été repensée en 2015. "On a mécanisé la fabrication pour limiter les ports de charges et on a un _système de canalisation qui transfère automatiquement la farine des silos vers les cuves de pétrin_", explique la co-gérante Emmanuelle Jungblut. Plus besoin donc de porter les sacs de farine de 25 kilos à la main.

Le dialogue avec les salariés, c'est indispensable pour Pierre-Yves Le Gall, chargé de conseiller les entreprises qui souhaitent faire des aménagements afin de limiter les risques pour la santé des travailleurs : "on repère les gestuelles problématiques, _on adapte les équipements par exemple avec des plans de travail à hauteur_".

Pour réaliser les travaux nécessaires ou obtenir du matériel pour soulager l'effort physique des salariés, les entreprises peuvent bénéficier d'aides financières de la CARSAT, pouvant couvrir jusqu'à 70% des achats réalisés pour cela.

Des secteurs particulièrement touchés

Le fait que le Finistère soit particulièrement touché peut s'expliquer par l'économie rurale du département. "Ces troubles _concernent en majorité les secteurs de l'agroalimentaire_, indique Jean-Michel Fougères. Mais pas que ! On a aussi le commerce et les aides à domicile qui en souffrent de plus en plus".

"Les entreprises du Finistère sont parmi les premières à avoir pris conscience des troubles musculo-squelettiques, ajoute Pierre-Yves Le Gall, elles commencent à _utiliser des robots pour éviter les tâches répétitives_, et laisser la surveillance et le suivi aux salariés".

Un impact économique

"On a relevé que les arrêts de travail sont plus longs dans le Finistère ce qui est dû à l'absence de prévention, indique Jean-Michel Fougères. Vous avez au début des arrêts courts, et si rien ne s'améliore au poste de travail, vous rentrez dans une spirale infernale où la pathologie s'aggrave"

En moyenne dans le Finistère, ces arrêts de travail liés aux TMS durent un peu plus de huit mois. "Cela peut monter jusqu'à 370 jours pour des problèmes d'épaules", s'alarme l'expert. Coût annuel estimé dans le département : 17 millions d'euros (62 millions dans toute la Bretagne).

Les co-gérantes de la PME Bio Bleud (à gauche) ont été accompagnées par les représentants de la Carcat (à droite) pour adapter la chaîne de production - Radio France
Les co-gérantes de la PME Bio Bleud (à gauche) ont été accompagnées par les représentants de la Carcat (à droite) pour adapter la chaîne de production © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Cela a un impact sur la vie des entreprises qui tourne au ralenti ou doivent avoir recours à des intérimaires, mais aussi sur les carrières des salariés. "Si quelqu'un en arrive à être déclaré inapte à son poste, il peut être licencié, et ça peut être compliqué de retrouver un travail ensuite", précise Jean-Michel Fougères.

Un site internet spécifique vient donc d'être mis à disposition des TPE qui cherchent des outils et des contacts pour adapter le cadre de travail et limiter ces troubles musculo-squelettiques.

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