Santé – Sciences

"Le glyphosate est médaille d'argent dans les cancérogènes" pour un médecin Limougeaud lanceur d'alerte

Par Nathalie Col, France Bleu Limousin vendredi 6 octobre 2017 à 10:25

La dangerosité du glyphosate fait débat au sein de l'Union Européenne
La dangerosité du glyphosate fait débat au sein de l'Union Européenne © Maxppp - Sebastien Jarry

Faut-il renouveler l'autorisation du glyphosate pour 10 ans dans l'Union Européenne ? C'est une question en débat en ce moment. Pourtant sa dangerosité est avérée selon le Dr Pierre-Michel Périnaud, président de l'association Alerte des médecins sur les pesticides.

L'avenir du glyphosate est toujours en débat à Bruxelles. Des experts de la Commission Européenne apportent leur éclairage sur cet herbicide en ce moment, sachant que les pays de l'Union Européenne doivent se mettre d'accord avant la fin de l'année sur le maintien ou non de l'utilisation de ce produit pour les dix ans à venir. Sa dangerosité ne fait pourtant aucun doute pour le Limougeaud Pierre-Michel Périnaud, président de l'association Alerte des médecins sur les pesticides. Il était notre invité ce vendredi.

Pierre-Michel Périnaud, invité de Françoise Pain sur France Bleu Limousin

Le lanceur d'alerte Limougeaud vient d'être rejoint dans son combat par l'union régionale des médecins généralistes de Nouvelle-Aquitaine et il estime qu'il y a urgence à interdire le glyphosate.

Un produit classé cancérigène probable, ça veut dire qu'il est médaille d'argent, c'est déjà un niveau de preuve énorme. La médaille d'or quasiment personne ne l'a, c'est comme en sport.

Pierre-Michel Périnaud se base sur des études menées par le centre international de recherche contre le cancer pour montrer la dangerosité de cet herbicide. Ce centre a établi que le glyphosate est un cancérigène certain chez l'animal. Chez l'homme il est classé comme cancérogène probable, sachant que les agriculteurs sont exposés à beaucoup d'autres produits et qu'il est difficile d'avoir des études concluantes.

Le médecin Limougeaud estime qu'on est au-delà du principe de précaution. Il reproche aussi aux agences sanitaires européennes de se baser sur les données fournies par les industriels pour se forger leur opinion. Il estime donc que le système est vicié à la base et il espère que le vent va tourner.