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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Le gouvernement a fait preuve de pragmatisme" avec les vaccinodromes, pour Olivier Lavastre de l'IAE Grenoble

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Par , , France Bleu Isère

Le vaccinodrome d'Alpexpo ouvre ses portes ce vendredi matin et cela accompagne un vrai changement de la stratégie vaccinale. Vacciner au minimum 1000 personnes par jour, ça ne se fait pas facilement. Olivier Lavastre, enseignant à l'IAE de Grenoble et spécialiste en logistique était notre invité.

Olivier Lavastre, professeur des universités, enseignant à l'IAE de Grenoble, spécialiste de gestion et management des entreprises.
Olivier Lavastre, professeur des universités, enseignant à l'IAE de Grenoble, spécialiste de gestion et management des entreprises. - Olivier Lavastre

Ce vendredi est un tournant de la campagne de vaccination contre la Covid-19 en France et en Isère. Le vaccinodrome d'Alpexpo, à Grenoble, ouvre ses portes dès 9 heures. Le ministre de la Santé, Olivier Veran, visitera d'ailleurs le site dans l'après-midi. Objectif : vacciner dès le début environ 1.000 personnes par jour.

Alors forcément, l'organisation n'est pas la même qu'un centre implanté, sur un territoire particulier, à plus petite échelle. Olivier Lavastre, professeur des universités, enseignant à l'Institut d'Administration des Entreprises de Grenoble et spécialiste de la chaîne logistique était notre invité ce vendredi matin.

France Bleu Isère - Olivier Lavastre, vous êtes notamment spécialiste de ce qu'on appelle la "supply chain". On va traduire ça par "la chaîne logistique". La vaccination de masse justement, c'est un sacré défi logistique. Aujourd'hui ouvre le vaccinodrome d'Alpexpo à Grenoble, avec une prévision de 1.000 puis 3.000 injections chaque jour. On imagine bien qu'un tel centre, ça ne s'ouvre pas en claquant les doigts ?

Olivier Lavastre - Tout à fait, vous avez bien raison. On pourrait dire que l'organisation logistique se situe à trois niveaux pensés pour ces grands centres. D'abord, organiser le centre en lui-même, le flux des patients, le flux des vaccins à l'intérieur du centre. Une deuxième organisation importante, c'est celle de la livraison de ces vaccins. Et puis une troisième organisation qui serait une organisation beaucoup plus importante, celle de la production des vaccins par Pfizer en Belgique. Autrement dit, il faut trouver les matières, les emballages, les seringues pour mettre les vaccins dedans.

Le commissaire européen Thierry Breton nous disait cette semaine, par exemple, qu'un vaccin est composé de 400 éléments différents. C'est énorme, ça complique la tâche ?

Il y a déjà les éléments actifs du vaccin. Après, il y a tout ce qui va autour du vaccin. Les seringues avec Becton Dickinson à côté de Grenoble (Pont-de-Claix). Dans l'usine, on fabrique des seringues. Pour les fabriquer, on s'approvisionne auprès d'usines au Mexique ou en Europe de l'Est. Il y a ensuite des emballages à fabriquer. Depuis le mois de juillet, les fabricants sont déjà à pied d'œuvre pour mettre au point des emballages pour transporter ces vaccins.

La complexité, ensuite, c'est organiser des vaccinations massives. D'autant plus que ce n'était pas forcément ça la stratégie première du pays.

Effectivement, la France avait choisi une stratégie de vaccination de niche et donc avait mis en place une logistique adaptée à cette vaccination. Mais cette stratégie vaccinale ne correspond visiblement pas à ce qu'attendait l'opinion publique qui voulait plus une vaccination de masse. Donc le gouvernement a fait preuve de pragmatisme en changeant sa stratégie. Il a donc fallu adapter la logistique. Si, au départ, on était dans une logistique très très fragmentée, maintenant on est depuis quelques jours sur une vaccination de masse, avec donc une logistique qui doit aller avec. Rome ne s'est pas faite en un jour et donc une telle logistique, ça met aussi du temps à se mettre en place.

Avec cette crise, l'Etat, les collectivités locales, apprennent la logistique, ce qui n'était pas forcément leur compétence au départ.

C'est lors du premier confinement que la logistique a été mise en lumière. Le président Macron avait dit qu'elle faisait partie de la deuxième ligne. La première ligne, c'était le médecin, le soignant. La deuxième, c'était ce qui permettait aux hôpitaux, au pays de vivre. Donc, elle a été effectivement mise en évidence. Et il faut bien distinguer deux choses dans la logistique. La logistique en tant que secteur d'activité qui représente 10% du PIB et près de deux millions d'emplois avec des entreprises spécialisées. Et puis aussi, chaque entreprise industrielle a ses propres services, comme un service de ressources humaines, comme un service commercial. Il y a un service logistique chargé d'organiser la production par exemple.

Et parmi ceux qui s'affairent justement à la logistique, qui ont une forte compétence là dedans, on pense à l'armée. Est-ce qu'elle aurait dû être plus utilisée, selon vous, dans cette crise ?

C'est vraiment une décision politique qui n'est pas forcément de mon ressort. L'armée a effectivement une logistique très très importante. Elle est connue pour ça. L'armée a aussi la qualité d'avoir une unicité de commandement, une ligne de décision, une ligne de commandement très claire, ce qui n'est pas forcément le cas des autorités gouvernementales actuelles. Est-ce-que ça aurait pu être utilisé plus tôt ? Culturellement, peut-être que la France n'était pas prête à prendre cette décision qui est vraiment politique.

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