Santé – Sciences

Le gouvernement dévoile son plan de lutte contre les déserts médicaux

Par Magali Fichter, France Bleu Limousin et France Bleu jeudi 12 octobre 2017 à 18:35 Mis à jour le vendredi 13 octobre 2017 à 14:23

Le Premier ministre Édouard Philippe a présenté le plan de lutte contre les déserts médicaux, ce vendredi, en Haute-Vienne.
Le Premier ministre Édouard Philippe a présenté le plan de lutte contre les déserts médicaux, ce vendredi, en Haute-Vienne. © Radio France - France Bleu Limousin

Des millions de Français sont confrontés à la pénurie de médecins. La ministre de la Santé et le premier ministre sont ce vendredi à Châlus, en Haute-Vienne, où ils présentent un plan pour y remédier. Ils proposent notamment de doubler les maisons de santé et de développer la télémédecine.

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, et le premier ministre Edouard Philippe, sont à Châlus, en Haute-Vienne, ce vendredi pour présenter le plan de lutte du gouvernement contre les déserts médicaux. 8% de la population française réside dans des communes manquant de généralistes, selon un rapport de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) datant de fin 2015. Or, la France n'a jamais compté autant de médecins : plus de 215.000, toujours en 2015.

Un quart de généralistes en moins en 2025 par rapport à 2007

Le problème, c'est que la profession est vieillissante et peine à se renouveler, en particulier chez les généralistes libéraux. L'Ordre des médecins prédisait l'année dernière un quart de généralistes en moins en 2025 par rapport à 2007.

Pas de libre installation, mais le doublement des maisons de santé

Agnès Buzyn a déjà fait savoir qu'elle ne toucherait pas à la libre installation des médecins, même si de nombreux élus réclament des mesures contraignantes. Le gouvernement a en revanche annoncé qu'il allait doubler le nombre de maisons médicales, ces établissements qui regroupent plusieurs spécialités, pendant le quinquennat. Il y en avait 910 en France en mars 2017, et l'État va débloquer une enveloppe de 400 millions d'euros pour en construire 1.000 supplémentaires. "Ces structures sont bénéfiques pour tous", a déclaré Édouard Philippe ce vendredi. Le but est "d'encourager la coopération entre les professionnels de santé". Elle souhaite aussi développer aussi les centres de santé, où les médecins n'exercent pas en libéral mais sous un régime salarié.

Des postes de médecins partagés

Edouard Philippe a également annoncé la création de 300 postes de médecins partagés. Ces médecins travailleront à la fois à l'hôpital mais également dans des cabinets de médecine "en ville". Selon Edouard Philippe, "il s'agit d'essayer de sortir du cloisonnement étanche entre l'hôpital et la médecine de ville". Le premier ministre annonce qu'à partir de 2018, "les agences régionales de santé vont proposer ces contrats partagés aux jeunes diplômés".

Plus d'aides financières pour s'installer en zone tendue

Le Premier ministre a aussi annoncé l'extension des zones autorisées à inciter financièrement les médecins à venir s'installer. Elles vont passer de "7% à 18% du territoire", selon le premier ministre. Édouard Philippe a, par ailleurs, annoncé le versement de "10 millions d'euros de crédits supplémentaires en 2018 pour les Agences régionales de santé". En outre, le cumul emploi-retraite des médecins libéraux sera facilité grâce à un avantage élargi en matière de cotisation dans les zones en tension. Les médecins libéraux seront incités à exercer à temps partiel dans des zones sous-dotées grâce à une revalorisation de leurs primes, et les consultations avancées (par exemple un cardiologue hospitalier recevant des patients une fois par semaine dans une maison de santé) encouragées.

Des actes médicaux pratiqués à distance, ou réalisés par des infirmiers

La ministre de la Santé souhaite également développer la télémédecine - des actes médicaux pratiqués à distance grâce notamment à Internet - et les "pratiques avancées entre professionnels" - des actes médicaux réalisés par exemple par des infirmiers, ou des pharmaciens, comme c'est le cas dans le cadre de l'expérimentation sur la vaccination contre la grippe. Le développement de la télémédecine passera par des négociations entre l'Assurance maladie et les médecins début 2018 pour en fixer les tarifs. Un matériel de téléconsultation est également promis à tous les Ehpad, les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, d'ici 2020.

Un guichet administratif unique pour les médecins

Le Premier ministre a également annoncé, ce vendredi, la création d'un guichet administratif unique pour les médecins, afin de limiter le temps pris par ces tâches, "qui peut être un obstacle aux vocations de médecins indépendants".

La suppression du numerus clausus, c'est à dire le nombre limite d'étudiants acceptés en deuxième année de médecine, n'est apparemment pas à l'ordre du jour.

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