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Santé – Sciences

Le gouvernement pose les bases d'une réforme globale du système de santé

mardi 13 février 2018 à 16:09 - Mis à jour le mardi 13 février 2018 à 17:24 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le Premier ministre Édouard Philippe a donné, ce mardi, le coup d'envoi de la réforme du système de santé du gouvernement. Le financement des hôpitaux serait modifié en profondeur. Le numérique prendrait plus de place dans la santé au quotidien, et la formation des futurs médecins serait remaniée.

Le Premier ministre Édouard Philippe à l'hôpital d'Eaubonne, dans le Val-d'Oise, ce mardi.
Le Premier ministre Édouard Philippe à l'hôpital d'Eaubonne, dans le Val-d'Oise, ce mardi. © AFP - JACQUES DEMARTHON

Le Premier ministre Edouard Philippe a donné mardi le coup d'envoi d'une réforme "globale" du système de santé, et promis d'apporter d'ici l'été des premières réponses au malaise des soignants et au déficit chronique des hôpitaux. Édouard Philippe se donne "trois mois pour réfléchir intensément" à la "transformation de l'ensemble (du) système de santé".

Le gouvernement veut en finir avec les "rafistolages" et promet une réforme en profondeur 

"Nous pourrions essayer de corriger deux ou trois choses ici ou là", mais "les Français ont conscience que le temps des rafistolages est révolu", a-t-il dit lors d'un déplacement à Eaubonne (Val-d'Oise).
De mars à mai, le gouvernement entend multiplier les concertations et consultations, locales ou nationales, y compris sur internet. Mais le débat ne part pas d'une feuille blanche, car l'exécutif a déjà  identifié plusieurs "grands chantiers" à traiter en priorité.

La réforme du financement des hôpitaux 

La réforme du financement des hôpitaux sera sur la table, après une dégradation des comptes sans précédent en 2017 : le déficit est estimé à 1,5 milliard d'euros pour les seuls établissement publics. Le gouvernement s'en tient sur ce sujet à la promesse d'Emmanuel Macron de "plafonner à 50%" la tarification à l'activité des hôpitaux, qui "pousse à une activité sans qualité", selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Un constat unanimement partagé, y compris par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui a qualifié mardi cette tarification à l'activité d'"impasse" qui a conduit "l'hôpital au bord du burn-out". Mais ce changement prendra du temps : une équipe d'experts devra proposer d'ici fin 2019 plusieurs nouveaux modèles de financement. la ministre Agnès Buzyn s'est exprimée sur le sujet à l'Assemblée nationale ce mardi. 

La chasse aux actes "inutiles" 

En parallèle, le gouvernement veut ouvrir la chasse aux actes "inutiles", qui représentent, selon Agnès Buzyn, 30% des dépenses de l'Assurance maladie. Les différentes spécialités médicales devront soumettre des propositions en ce sens d'ici l'été. Dans l'immédiat, toutefois, les tarifs des hôpitaux "seront en baisse" à nouveau cette année, a annoncé le Premier ministre. Sur ce point comme sur d'autres, le gouvernement s'inscrit dans les pas de ses prédécesseurs. Ainsi, les regroupements d'hôpitaux vont être "approfondis" et le "virage ambulatoire", les soins sans hospitalisation, sera élargi à d'autres activités que la chirurgie.

Davantage de numérique dans la santé 

Autre cap maintenu, le "virage numérique" doit s'"accélérer", soutenu par cinq milliards d'euros issus du Grand plan d'investissement annoncé en octobre. Le gouvernement y intègre également la généralisation du dossier médical partagé (DMP) et l'essor de la télémédecine.

Une réflexion sur le numerus clausus pour les futurs médecins 

Par ailleurs, la formation des futurs soignants sera remaniée : en plus du "service sanitaire" obligatoire dès la rentrée de septembre, Edouard Philippe a promis "une réflexion sans tabou sur le numerus clausus", qui fait office de quota d'étudiants admis en deuxième année. Agnès Buzyn et sa collègue de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal devront aussi se pencher "sur l'avenir des épreuves classantes nationales qui précèdent l'internat" des étudiants et décident de leur spécialisation. Ces deux sujets feront l'objet de "mesures législatives dès le début de l'année 2019", a assuré le Premier ministre.

Une réforme à 100 millions d'euros par an 

Pour mener à bien ces chantiers, le gouvernement consacrera, en plus du budget de la Sécu, 100 millions d'euros par an à "l'accompagnement de cette transformation du système de santé", a-t-il ajouté, sans préciser la durée de cette réforme.

La droite dénonce des effets d'annonce "fumigènes"

A l'Assemblée nationale, le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a critiqué les différentes annonces du gouvernement, les qualifiant de "fumigènes". Sur le système de santé, le patron du groupe LR y voit "un grand coup de pipeau,  comme d'habitude".

Le Premier ministre invite les Français à poser leurs questions sur la santé 

Ce mardi soir à 19h, le premier ministre Édouard Philippe invite les Français à lui poser leurs questions sur la santé en direct via Facebook. Il y répondra accompagné par la ministre de la Santé Agnès Buzyn.