Santé – Sciences DOSSIER : LE + INFO

LE + INFO - Trois idées reçues sur la pilule sans ordonnance

Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne jeudi 20 avril 2017 à 9:25

Plaquettes de pilules contraceptives (photo d'illustration)
Plaquettes de pilules contraceptives (photo d'illustration) © Maxppp - Jean-François Frey

Le collectif #LiberezMaPilule réclame la mise sur le marché d'une pilule progestative sans ordonnance pour favoriser l'accès à la contraception à toutes les femmes. Une démarche soutenue par la Ministre des droits des femmes Laurence Rossignol, par le Planning Familial, et par plusieurs pharmaciens

L'e collectif #LiberezMaPilule demande aux laboratoires pharmaceutiques de faire une demande d'autorisation de mise sur le marché pour une pilule progestative, accessible sans ordonnance dans les pharmacies. Dans le + INFO, on décortique quelques idées reçues avec Emmanuel Debost, médecin généraliste dans l'agglomération dijonnaise et Mathieu Calafiore, médecin généraliste dans la banlieue lilloise

Le collectif demande à ce que toutes les pilules soient accessibles sans ordonnance

FAUX : Cette demande concerne uniquement une pilule progestative et pas oestro-progestative. Emmanuel Debost explique : " pour la pilule progestative, il n'y a quasiment aucune contre-indication, autant les pilules oestro-progestatives ont été pointées du doigt dans différents scandales et peuvent provoquer des phlébites ou des complications vasculaires, mais ce n'est pas du tout le cas pour les pilules progestatives. "

Un pharmacien n'a pas les compétences pour délivrer une pilule contraceptive

FAUX : Même si certains pharmaciens ont quelques craintes, Emmanuel Debost se veut rassurant : " puisqu'il n'y a pas vraiment de contre-indications ça ne devrait pas poser de problèmes. C'est une délégation de compétences. Mais c'est vrai qu'il y a des craintes face à l'inconnu, on le voit bien avec la pilule du lendemain qui n'est pas toujours facilement délivrée par les pharmaciens. " Le collectif demande à ce que la délivrance de cette pilule soit accompagnée d'un questionnaire qui sera rempli par la patiente avec l'aide du pharmacien. Mais Mathieu Calafiore prévient : " attention de ne pas véhiculer un message qui serait de dire qu'on n'a plus besoin d'un suivi gynécologique puisque la pilule est en accès libre. " Il est plutôt favorable à cette demande mais rappelle qu'il est recommandé de faire un frottis tous les trois ans à partir de 25 ans.

Renouveler sa pilule, c'est assez simple

VRAI ET FAUX : Une simple ordonnance, délivrée par un gynécologue, une sage-femme ou un médecin généraliste suffit. Sauf que pour obtenir un rendez-vous chez un gynécologue, il faut parfois attendre plusieurs mois, et que même chez un médecin généraliste, il faut prendre le temps d'une consultation. Emmanuel Debost, qui a l'habitude de pratiquer des IVG remarque qu'il " voit des jeunes filles qui viennent pour des interruptions de grossesse à 14 semaines parce qu'elles n'ont pas pensé ou pas eu le temps de renouveler leur pilule, et qu'elles n'ont pas pu en avoir sans ordonnance. "

Mathieu Calafiore, médecin généraliste dans la banlieue lilloise