Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Le Mans : présence récurrente de pesticides dans l'eau du robinet

mercredi 9 janvier 2019 à 18:17 Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine

Déjà signalée l'an passé, la présence de pesticides est de nouveau mentionnée dans le bilan de la qualité de l'eau joint à la dernière facture que les Manceaux ont reçue. Une "anomalie" qui s'installe... Même si elle ne présente aucun risque sanitaire selon l'Agence régionale de santé.

Malgré ses traces de pesticides, l'eau du robinet reste tout à fait propre à la consommation
Malgré ses traces de pesticides, l'eau du robinet reste tout à fait propre à la consommation © Maxppp - Lionel VADAM

Le Mans, France

Une eau jugée "non-conforme"

Depuis 2016, les analyses effectuées sur l'eau du robinet au Mans révèlent la présence anormale de particules d'ESA métolachlore, en quantité infime : entre 0,11 et 0,14 µg/l (micro-grammes par litre d'eau) sur des périodes de 30 jours (2016), 90 jours (2017) et 48 jours (2018). La durée précise de ces épisodes reste toutefois indéterminée car les périodes indiquées correspondent en réalité au temps écoulé entre deux analyses. Afin d'avoir un suivi plus fin, Le Mans métropole a d'ailleurs décidé de procéder maintenant à des relevés mensuels.

L'ESA métolachlore, c'est quoi ?

Il s'agit de résidus de métoaochlore, une molécule présente dans l'un des désherbants les plus utilisés par les exploitants agricoles, en Sarthe et en France. Interdite depuis 2003, cette substance a toutefois été remplacée par une autre formule, baptisée s-métolachlore. Ce sont les restes de ces substances, dégradés et échappés dans la nature, que l'on retrouve dans l'eau du robinet au Mans et dans les communes alimentées par l'usine des eaux de l'Epau. Laquelle produit chaque année 12 millions de litres d'eau potable pour 110 00 foyers de l'agglomération.

Le poison est dans la dose

Les consommateurs sont informés à partir du moment où la concentration de ce produit dépasse 0,1 µg/l. Au regard de la réglementation environnementale européenne, c'est en effet considéré comme une pollution. En revanche, cela reste très en dessous du seuil d'alerte sanitaire fixé par l'Anses (Agence de sécurité sanitaire) à 510 µg/l. Autrement dit, le taux relevé au Mans reste 5 000 fois inférieur à celui considéré dangereux pour la santé. C'est pourquoi il n'y a eu aucune mesure de restriction à la consommation.

Une optimisation du traitement à l'étude

Le traitement de l'eau pompée dans l'Husine effectué à l'usine des eaux de l'Epau permet d'éliminer _"environ 40 % de cette pollution_, explique Sandra Papin, technicienne à l'ARS, mais comme ce sont des molécules très petites et assez solvables dans l'eau, elles ont tendance à passer au travers du système de filtrage." C'est pourquoi dans le cadre de la modernisation de son usine des eaux, Le Mans Métropole étudie différentes options dans le but d'optimiser le traitement de ces pesticides.  

Une micro-pollution qui se généralise dans tout le département

D'après l'ARS, cette molécule est présente sur "la moitié des ressources en eau potable du département". Elle est "systématique dans les rivières utilisées pour produire de l'eau potable, à savoir l'Huisne (pour Le Mans et La Ferté-Bernard), la Sarthe (pour Sablé) et Le Loir (pour La Flèche)". Elle apparaît aussi de plus en plus dans les nappes phréatiques, mais à des taux moindres. Conclusion : "Même si au niveau sanitaire, il ne faut pas être alarmiste, souligne Géraldine Grandguillot, responsable santé publique et environnement à l'ARS, ça devient préoccupant et c'est quelque chose qu'on surveille car ça pourrait être un sujet dans les années à venir."