Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Le nombre de morts du sida divisé par deux depuis 2005 mais la résistance aux traitements augmente

jeudi 20 juillet 2017 à 11:16 Par Mooréa Lahalle, France Bleu

Un million de personnes sont mortes de maladies liées au sida en 2016 dans le monde, soit presque moitié moins que lors du pic de décès atteint en 2005, selon un rapport de l'ONU publié jeudi. Pourtant, la résistance aux traitements augmente avertit l'OMS.

Centre médical pour le dépistage du sida au Togo.
Centre médical pour le dépistage du sida au Togo. © AFP - Pascal Deloche

En 2016, 1,8 million de nouvelles infections par le VIH ont eu lieu dans le monde. Soit une contamination toutes les 17 secondes en moyenne. Même si les chiffres restent alarmants, c'est presque moitié moins que lors du pic de décès atteint en 2005, selon le rapport annuel que publie les Nations unies ce jeudi. La vigilance reste toujours de mise, notamment en Europe de l'Est et Asie centrale où l'épidémie explose. L'OMS rappelle aussi ce jeudi que la résistance aux traitements augmente dans les pays pauvres.

Plus de 53% des personnes qui vivent avec le VIH ont accès aux traitements

Plus de la moitié des malades dans le monde sont désormais sous traitement et le nombre de nouvelles contaminations par le VIH a continué à décliner, mais à un rythme encore trop lent, selon ces données, publiées avant l'ouverture dimanche à Paris d'une conférence internationale de recherche sur le sida.

"Le nombre de décès liés au sida a chuté de 1,9 million en 2005 à 1 million en 2016", précise l'Onusida, le programme de coordination de l'ONU contre le sida, dans son rapport annuel sur l'épidémie.

Un progrès lié en grande partie à une meilleure diffusion des traitements par anti-rétroviraux. Le cap de 50% de personnes séropositives sous traitement, atteint en juin 2016, est désormais dépassé: "en 2016, 19,5 millions de personnes, sur les 36,7 millions qui vivent avec le VIH avaient accès aux traitements", soit plus de 53%.

Une résistance aux médicaments qui augmente dans les pays pauvres

La résistance aux médicaments contre le sida augmente dans plusieurs pays à revenu faible ou intermédiaire et pourrait entraîner à terme de nouveaux décès et des contaminations supplémentaires, avertit l'Organisation mondiale de la santé dans un rapport publié aussi ce jeudi. Dans six des onze pays observés pour ce rapport, en Afrique, Asie et Amérique latine, plus de 10% des patients ont développé une résistance aux traitements antirétroviraux les plus courants.

L'OMS souligne que "cette résistance se développe lorsque les patients ne se conforment pas au traitement prescrit, souvent parce qu'ils ne disposent pas d'un bon accès à des soins de qualité contre le VIH".

Des progrès accomplis qui peuvent être facilement effacés

"Notre lutte pour mettre fin au sida ne fait que commencer. Nous vivons des temps fragiles et les progrès accomplis peuvent être facilement effacés", a averti Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida, cité dans le rapport. 1,8 million de nouvelles infections par le VIH ont encore eu lieu en 2016, soit une contamination toutes les 17 secondes en moyenne.

Ce chiffre est en baisse régulière année après année (hormis un léger rebond en 2014), très loin du maximum de 3,5 millions de nouvelles contaminations atteint en 1997. Mais ce rythme est trop lent pour parvenir à juguler l'épidémie et atteindre l'objectif de seulement 550.000 nouvelles contaminations en 2020, avertit l'Onusida.

Sida : moins de contaminations et moins de décès - Visactu
Sida : moins de contaminations et moins de décès © Visactu - Visactu

35 millions de personnes atteintes du VIH sont décédées depuis 1980

Depuis le début de l'épidémie, au début des années 1980, 76,1 millions de personnes ont été contaminées par le VIH et 35 millions sont décédées, soit l'équivalent de la population du Canada.

Il n'existe pas encore de vaccin contre le VIH ou de médicament guérissant du sida, et les personnes séropositives doivent suivre un traitement par anti-rétroviraux tout au long de leur vie, pour empêcher le développement du virus. Ces traitements sont coûteux et entraînent des effets secondaires, mais ils ont révolutionné l'état de santé des personnes séropositives et allongé leur espérance de vie.

Sans traitement, les personnes infectées développent le sida, qui affaiblit le système immunitaire et expose aux infections opportunistes. La tuberculose était ainsi encore en 2016 la première cause de mortalité des personnes atteintes du VIH.

Des progrès en Afrique, mais explosion du VIH en Europe de l'Est et Asie centrale

La région du monde qui a accompli le plus de progrès est l'Afrique australe et de l'Est, qui rassemble plus de la moitié des personnes séropositives et où beaucoup d'efforts ont été déployés. Les décès liés au sida y ont chuté de 42% depuis 2010 et les nouvelles infections ont reculé de 29%.

L'Onusida s'inquiète en revanche de l'explosion de l'épidémie en Europe de l'Est et en Asie centrale: le nombre de décès y a grimpé de 27% en six ans et le nombre de nouvelles infections a bondi de 60%. Le phénomène touche en premier lieu la Russie, mais aussi l'Albanie, l'Arménie et le Kazakhstan.

Le rapport souligne aussi que seulement 43% des enfants contaminés par le VIH ont accès aux antirétroviraux, contre 54% des adultes. Il déplore également la stagnation des financements, avec 19 milliards de dollars disponibles fin 2016, alors qu'il faudrait trouver 7 milliards de plus, d'ici 2020.

Levée de l'interdiction des soins funéraires pour les séropositifs

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a signé ce jeudi un décret autorisant les soins funéraires pour les personnes décédées porteuses du VIH ou d'une hépatite, révèle franceinfo. Depuis 1998, les personnes porteuses du virus du sida ou d'une hépatite ne pouvaient pas bénéficier des soins funéraires de conservation.

"La société nous discriminait jusque dans la mort", a réagi sur franceinfo Fred Navarro, qui a perdu son compagnon, atteint du sida, en août 2010. "Christian est resté 13 jours à l'institut médico-légal dans un frigo à 2 degrés", raconte-t-il. Le décret signé par la ministre met fin, selon lui, à "une offense". "Cela me fait du bien de savoir que plus personne ne sera choqué par ça. De voir ça, de traverser ça, comme si nos morts étaient des parias, ça y est, c'est terminé."