Santé – Sciences

L'inquiétante augmentation des cancers du sein et des testicules chez les moins de 50 ans

Par Géraldine Houdayer et Mélodie Viallet, France Bleu mercredi 26 octobre 2016 à 15:03

Une journée de sensibilisation au dépistage du cancer du sein à Thionville, début octobre
Une journée de sensibilisation au dépistage du cancer du sein à Thionville, début octobre © Maxppp - Julio Pelaez

Si la mortalité moyenne lié aux cancers a chuté ces dernières années, leur nombre est en hausse constante. Le cancer du sein a augmenté de 60% chez les femmes de 30 à 49 ans en une trentaine d'années. Le cancer des testicules, lui, a doublé chez les hommes de 20 à 40 ans.

Bien que la mortalité moyenne ait chuté de 34 % entre 1980 et 2012, notamment grâce aux progrès thérapeutiques, le nombre de cancers est en hausse constante en France. C'est ce que révèle l'enquête du journal Le Monde, publiée ce mardi 25 octobre.

Le cancer du sein touche de plus en plus de femmes jeunes

La fréquence des cancers du sein continue à augmenter chez les femmes de moins de 50 ans, alors qu'il recule chez les femmes plus âgées, révèle cette étude. On apprend notamment que le cancer du sein a augmenté de 60% chez les femmes de 30 à 49 ans en une trentaine d'années. Une tendance qui peut s'expliquer par le recul de l'âge de la maternité, le surpoids, la sédentarité et le tabac, ainsi que par l'exposition à certains polluants et par le dépistage individuel, qui conduit à détecter des tumeurs qui ne l'auraient pas été auparavant, selon les spécialistes interrogés par le quotidien. L'incidence globale du cancer du sein en France, c'est à dire le taux de nouveaux cas par an et par tranche de 100.000 habitants, diminue légèrement depuis 2005, après trente ans de forte augmentation. Mais chez les femmes de moins de 50 ans, l'incidence a continué à augmenter entre 2005 et 2010, pour se stabiliser en 2012 autour de 54 nouveaux cas pour 100.000 personnes chez les trentenaires, et 193 pour 100.000 chez les quadragénaires.

"Le cancer du sein est un cancer qui se guérit bien" Florence de Maria, épidémiologiste

"Il faut mettre ces chiffres en regard du taux de survie", a toutefois souligné Florence de Maria, épidémiologiste interrogée par l'AFP. "Certes, l'évolution est marquée, mais c'est un cancer qui se guérit bien", avec un taux de survie à cinq ans de plus de 80%, même s'il reste la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, a ajouté l'épidémiologiste, qui coordonne le programme de surveillance des cancers à Santé publique France.

Le cancer des testicules a doublé chez les moins de 40 ans

Le Monde, qui passe en revue tous les types de cancers, met également en évidence une accélération depuis 2000 de l'augmentation de l'incidence du cancer du pancréas. On estime à 385.000 le nombre de nouveaux cas de cancer survenus l'an dernier en France, et à un peu moins de 150.000 le nombre de décès liés à cette maladie. Cette évolution pourrait s'expliquer par le fait que cette pathologie n'était pas enregistrée avec la même rigueur dans les registres auparavant, selon Norbert Ifrah, président de l'Inca. Le cancer des testicules, lui, a doublé chez les hommes de 20 à 40 ans. Mais cette étude ne révèle pas que des mauvaises nouvelles : certains cancers se sont stabilisés, comme par exemple celui du poumon. Le nombre de cancers de l’estomac ou de l’œsophage est, lui, en baisse.

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