Santé – Sciences

Le ras-le-bol des hospitaliers: ils étaient 250 devant la préfecture à Rennes

Par Brigitte Hug, France Bleu Armorique mardi 8 novembre 2016 à 19:32

Un des slogans de la manifestation rennaise
Un des slogans de la manifestation rennaise © Radio France - Brigitte Hug

Les infirmiers, aides-soignants et autres personnels hospitaliers en ont ras-le -bol. Ils ont manifesté dans toute la France aujourd'hui pour dénoncer les coupes budgétaires, les suppressions de postes et de lits. A Rennes, 250 manifestants se sont rassemblés devant la préfecture Martenot.

"L' hôpital n'est pas une entreprise, les patients ne sont pas une marchandise" ont scandé 250 manifestants vêtus de blouses blanches, bleues ou vertes. "Stop aux emplois supprimés, stop aux horaires rallongés" pouvait-on lire sur une pancarte. Ces hospitaliers sont venus du CHU, du CHP Guillaume Régnier de Rennes, des hôpitaux de Vitré et Fougères, à l'appel des syndicats CGT, FO et Sud.

Les hospitaliers ont manifesté en blouses blanches ou bleues - Radio France
Les hospitaliers ont manifesté en blouses blanches ou bleues © Radio France - Brigitte Hug

Les manifestants ont dénoncé les coupes budgétaires. Selon l'intersyndicale, 22 000 postes et 16 000 lits (720 en Bretagne) seront supprimés dans les hôpitaux publics en France sur trois ans, entre 2015 et 2017. A mi-parcours, les hospitaliers n'en peuvent déjà plus. Ils se plaignent de courir tout le temps. "Il manque de personnel tous les jours" témoigne Nathalie, une infirmière du service de pneumologie du CHU. "On est un service lourd avec des soins palliatifs. En face, on a des gens qui demandent beaucoup d'attention. Nous, on a envie de faire notre travail comme on doit le faire. Là, on est obligé de prioriser les soins.".

C'est de la maltraitance institutionnelle

Les agents n'hésitent pas à parler de maltraitance dans certains services du CHU. "C' est de la maltraitance institutionnelle puisqu'on ne peut pas s'occuper dignement des patients", souligne Bertrand qui est aide-soignant aux urgences. "Il manque de lits en aval. Les patients restent aux urgences, restent sur des brancards qui embolisent le circuit.". Et en gériatrie, un autre hospitalier explique que "la prise en charge des personnes âgées ne peut pas être d'aussi bonne qualité avec des effectifs réduits.".

"En gériatrie, les personnes âgées sont levées plus tard, les toilettes durent cinq minutes..."