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Santé - Sciences

Le syndicat des pharmaciens de la Sarthe opposé à la vente de médicaments à l'unité

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Par , France Bleu Maine

La mesure est proposée dans un amendement de la loi anti-gaspillage discutée depuis ce lundi à l'Assemblée Nationale. Une "très mauvaise idée" selon Pierre Bruguière, pharmacien manceau, président de l'Union régionale des syndicats de pharmaciens d'officine

La croix verte lumineuse d'une pharmacie
La croix verte lumineuse d'une pharmacie © Radio France - Florence Gotschaux

Sarthe, France

Pierre Bruguière, que pensez-vous de cette idée de vendre les médicaments à l'unité ?

C'est une très mauvaise idée. Déjà, il faut savoir que 60 % des médicaments délivrés le sont pour des traitements de maladies chroniques. Ils ont donc des conditionnements adaptés, par exemple pour un mois. Il y a aussi dans cette idée un manque de sécurité car si on déconditionne un médicament, il n'y aura plus de notice, il n'y aura plus forcément toutes les indications et les préconisations que l'on trouve sur les boîtes. Ce n'est pas un produit d'usage courant. Quand vous allez vous retrouver devant votre boîte à pharmacie avec des flacons bruns ou des sachets kraft dans lesquels seront mélangés tous vos médicaments, vous ne saurez plus quelle indication est donnée pour tel ou tel comprimé. Enfin, l'an prochain nous mettrons en place la "serialisation", c'est-à-dire un système qui permet de lutter contre la contrefaçon de médicaments en bipant les boîtes, qui seront scellées. Si on commence à déconditionner ces boîtes, on ne pourra plus garantir la traçabilité des médicaments.

Que faire alors, pour limiter le gaspillage de médicament, quand il y en a ?

Bientôt, on va permettre aux pharmaciens de faire des Trod (Tests rapide d'orientation du diagnostic), notamment pour les angines, une affection pour laquelle 60 % des prescriptions ne sont pas justifiées. Là, ça permettra au pharmacien qui recevra un patient se plaignant d'un mal de gorge de savoir directement si c'est viral ou bactérien. Et donc de lui donner un médicament adapté ou de le diriger vers son médecin. De plus, nous discutons en ce moment avec la CPAM de la possibilité que le pharmacien puisse, pour certains traitements chroniques contre la douleur ou la constipation, adapter la dose prescrite. Là où le médecin prescrit "jusqu'à six gélules", on peut discuter avec le patient pour savoir exactement combien il en prend. Ce qui peut permettre de donner trois ou six boîtes au lieu de douze.

Est-ce que vous ne craignez pas simplement de vendre moins de médicaments si ce principe est acté ?

Non, pas du tout. Car de toute façon, si les pharmaciens le font, ils ne le feront pas gratuitement. Ils demanderont un supplément de reconditionnement à l'assurance maladie. Car cela demandera beaucoup de maintenance, de temps passer à préparer les médicaments. Même pour le patient, qui devra repasser le soir chercher sa prescription. La balle est plutôt dans le camp des industriels, afin que nous puissions avoir des conditionnement adaptés aux traitements et aux posologies.

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