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Santé – Sciences

"Le système est à revoir" : à Guignen, on cherche un médecin généraliste depuis quatre ans

mercredi 13 février 2019 à 5:01 Par Lisa Guyenne, France Bleu Armorique

Depuis le départ en retraite du précédent généraliste fin 2014, la commune de Guignen, à une trentaine de kilomètres au sud de Rennes, cherche désespérément un remplaçant. Sans succès.

La commune de Guignen, au sud de Rennes
La commune de Guignen, au sud de Rennes © Radio France - Lisa Guyenne

Guignen, France

"Faire en sorte que chaque Français trouve un médecin" : c'est l'ambition affichée par Agnès Buzyn, invitée de la matinale de France Inter ce mardi 12 février. La ministre de la santé a annoncé que la rénovation et la labellisation de plus de 500 hôpitaux de proximité d'ici 2022. Mais en attendant, sur le terrain, la réalité est toute autre. À une trentaine de kilomètres au sud de Rennes, la commune de Guignen et ses 3800 habitants attendent désespérément l'installation d'un nouveau médecin généraliste depuis... fin 2014. 

Les habitants se rabattent sur les communes alentour

"Honnêtement, c'est très, très pénalisant, pour l'ensemble de la population, qu'on soit jeune ou moins jeune." Accoudé au zinc du bar-restaurant au centre de Guignen, Fredo, un ancien de la commune, doit parcourir plusieurs kilomètres s'il veut consulter. "La plupart des habitants vont à Guichen, où il y a cinq généralistes [à sept kilomètres]. En plus de ça, le week-end, si on a besoin d'une intervention, on doit descendre jusqu'à Guipry-Messac, à 12-15 kilomètres. Et sinon, il faut carrément appeler les pompiers, et là c'est direction le CHU de Rennes."

Aucun médecin malgré les avantages proposés

Pourtant, ce n'est pas faute pour la commune d'avoir essayé d'attirer les médecins. "On leur propose un cabinet tout neuf, on leur propose d'acheter nous-même leur matériel, et _on offre même soit trois mois de secrétariat gratuit à plein temps_, soit six mois à mi-temps", détaille Evelyne Lefeuvre, la maire de Guichen. 

Alors qu'est-ce qui coince ? "On avait quelques jeunes médecins intéressés, on les a fait visiter, ils ont dit que le cabinet était très bien", explique Loïc Leray, premier adjoint. "Sauf qu'ils veulent s'installer à deux au moins. Et on n'a jamais réussi à avoir deux installations en même temps." La maire complète : "Ils veulent aussi avoir des horaires différentes des médecins d'autrefois, qui consultaient jusqu'à pas d'heure."

Maintenant, il y a aussi de nombreuses femmes médecins, qui veulent avoir du temps pour leur famille. Ce que l'on comprend ! Mais je pense que c'est aussi à l'État de gérer cette demande, à la fois des médecins et des communes. - Evelyne Lefeuvre, maire de Guignen

Le dossier est donc au point mort depuis plus de quatre ans, et les élus se sentent pris dans une impasse. "Cela nous révolte d'autant plus qu'on a pratiquement tous les corps médicaux présents sur la commune, par ailleurs", s'étonne la maire. Dentistes, kinés, orthophonistes, pharmacien, osthéopathe, infirmiers... "Mais pas de généraliste."

Forcer les jeunes médecins à s'installer dans les déserts médicaux ? 

Comment résoudre ce problème ? Si la disparition du numerus clausus dans les facultés de médecine est une piste intéressante, elle n'est pas suffisante, selon Loïc Leray. "Si on n'oblige pas les jeunes médecins à s'installer dans des zones où il y a besoin, ils iront tous se cantonner dans des structures comme à Guichen ou à Rennes, où là, ce sont les patients qui se déplaceront. Où est la logique ?"

On parle aussi d'urgences engorgées. Mais c'est normal ! Puisqu'il n'y a pas de médecins à proximité des gens, que font les gens ? Ils vont aux urgences. Et on engorge les urgences pour une grippe, par exemple. Pour moi, le système est à revoir. - Loïc Leray, premier adjoint de Guichen

Un discours qui résonne, alors que la veille, l'Agence régionale de santé alertait sur le risque de saturation des urgences rennaises, en pleine période de maladies hivernales

  • En plus : la mairie de Guignen est joignable au 02 99 92 20 63.