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Santé – Sciences

Le tabac n'est plus bienvenu à l'hôpital de La Rochelle

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Par , France Bleu La Rochelle

La Journée mondiale sans tabac du 31 mai est l'occasion pour l'hôpital de La Rochelle de dévoiler son plan d'action pour mieux lutter contre le tabac. Au menu, formation du personnel, et création d'espaces sans tabac aux entrées de l'établissement.

L'entrée principale de l'hôpital est le rendez-vous des fumeurs. Plus pour longtemps... l'interdiction de fumer sera généralisée à tous les accès de l'hôpital d'ici à la fin 2020.
L'entrée principale de l'hôpital est le rendez-vous des fumeurs. Plus pour longtemps... l'interdiction de fumer sera généralisée à tous les accès de l'hôpital d'ici à la fin 2020. © Radio France - Julien Fleury

La Rochelle, France

"Vous êtes dans une zone sans tabac." A l'entrée de la maternité, difficile de manquer le message. C'est le premier espace sans tabac, créé il y a quelques jours au sein du centre hospitalier de La Rochelle. Première manifestation visible du plan d'action contre le tabagisme concocté par l'hôpital, et dont le lancement coïncide avec la Journée mondiale sans tabac (31 mai).

Depuis quelques jours, Martine, ASH au Pôle femme-enfant, fait donc quelques mètres supplémentaires pour se griller une cigarette, dans la zone fumeur autorisée, installée un peu à l'écart des regards. "Ce n'est pas vraiment contraignant, assure Martine. Au contraire, je trouve ça normal, car je suis fumeuse, mais je comprends ceux qui ne fument pas. C'est logique" conclut Martine qui ne compte pas s'arrêter pour autant. "On verra à la retraite, dans un an. Car ici à l'hôpital, le travail est trop stressant."

Les personnels de l'hôpital ont déjà pris le réflexe de se rendre dans la zone fumeurs pour leur pause cigarette. - Radio France
Les personnels de l'hôpital ont déjà pris le réflexe de se rendre dans la zone fumeurs pour leur pause cigarette. © Radio France - Julien Fleury

Un espace fumeur ouvert aux quatre vents

Au tour de Karine de faire sa pause clope. Cette manipulatrice en radiologie est un peu décontenancée par l'espace réservé aux fumeurs : "Si ça avait été couvert, pour se protéger de la pluie et du vent, ça aurait été sympa." Karine reste favorable à la démarche. "Pour les gens qui souhaitent arrêter de fumer, ça peut aider." Ce qui n'est pas encore son cas : "Je n'ai pas la volonté, je n'arrive pas."

Dé-normaliser la consommation de tabac. C'est l'objectif de ces espaces sans tabac. "C'est pour modifier l'image du tabac, que ce ne soit plus quelque chose d'esthétique ou positif" décrit David Lemerre, pneumologue et tabacologue à l'hôpital. "Beaucoup de fumeurs nous disent qu'ils ont commencé pour faire comme tout le monde. L'idée c'est que ce soit de moins en moins le cas."

"Ce n'est pas une grosse contrainte" promet Martine, ASH à la maternité, qui doit faire quelques mètres supplémentaires pour aller fumer dans la zone autorisée. - Radio France
"Ce n'est pas une grosse contrainte" promet Martine, ASH à la maternité, qui doit faire quelques mètres supplémentaires pour aller fumer dans la zone autorisée. © Radio France - Julien Fleury

Les mamans rochelaises fument plus que les autres

Les esprits semblent prêts pour ces zones non-fumeur. Patients et soignants y sont favorables à 97% selon un sondage réalisé en décembre dernier dans le hall de l'hôpital. Pour la première zone, la maternité n'est pas un hasard. La priorité était de protéger les mamans et leurs bébés, dont les chambres situées au-dessus de l'entrée étaient parfois envahies de fumée. Il s'agit aussi de ne pas tenter une population vulnérable, les jeunes mamans rochelaises : "Chez nous, 23% des femmes enceintes au troisième trimestre sont fumeuses, précise Carole Debeauce, chargée du projet Hôpital sans tabac. C'est sept points de plus que la moyenne nationale."

Le reste des accès à l'hôpital seront progressivement rendus non-fumeurs d'ici à la fin 2020. Et notamment l'entrée principale, toujours envahie de fumée. Valérie est en poste à l'accueil dans le hall, et elle n'en peut plus : "On sent le tabac quand les portes s'ouvrent et qu'il y a des courants d'air. L'hôpital est un lieu de santé, et il doit montrer l'exemple."

On ne fume plus désormais à l'entrée de la maternité. Tant mieux, la fumée montait jusque dans les chambres des mamans et de leurs bébés. - Radio France
On ne fume plus désormais à l'entrée de la maternité. Tant mieux, la fumée montait jusque dans les chambres des mamans et de leurs bébés. © Radio France - Julien Fleury

Un accompagnement systématique des fumeurs

Autre nouveauté, l'accompagnement des patients vers le sevrage va devenir plus systématique. Pour cela, des formations ont débuté la semaine dernière en direction du personnel. Des sessions courtes, de trois heures et demie, pour apprendre à aborder le sujet avec les patients. Sachant qu'un séjour à l'hôpital peut se révéler propice pour arrêter de fumée.

Désormais chaque patient se verra demander s'il est fumeur ou non, et en fonction de la réponse, il se verra proposer une prise en charge. "Si on est le week-end et qu'il n'y a pas de médecin tabacologue disponible immédiatement, précise Carole Debeauce, l'infirmière est habilitée à prescrire des substituts, et le patient peut débuter son sevrage immédiatement, quelque soit l'heure du jour et de la nuit." 

L'accompagnement du personnel de l'hôpital n'est pas oublié, grâce au service de santé au travail. 15% des médecins hospitaliers se déclarent fumeurs, comme 20% des infirmières. Et les deux-tiers d'entre eux voudraient arrêter. La Journée mondiale sans tabac est une bonne occasion !

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