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Santé – Sciences

Le tiers-payant généralisé dès ce 1er janvier 2017 : qu'est-ce que ça change ?

mardi 3 janvier 2017 à 5:00 Par Élisa Brinai, France Bleu Auxerre

À partir de ce 1er janvier 2017, en tant que patient, vous ne serez plus obligé d'avancer les frais médicaux chez votre médecin généraliste. Vous pourrez demander à votre docteur le tiers-payant. S'il l'accepte, il se fera directement rembourser les frais par la sécurité sociale. Explications.

Dès le 1er janvier 2017, le tiers-payant est obligatoire pour les femmes enceintes et les personnes touchées par une affection longue durée et optionnel pour tous les autres patients.
Dès le 1er janvier 2017, le tiers-payant est obligatoire pour les femmes enceintes et les personnes touchées par une affection longue durée et optionnel pour tous les autres patients. © Radio France - Radio France

En ce premier jour de l'année 2017, revenons sur l'une mesure qui entre en vigueur et dont on a déjà beaucoup parlé: le tiers-payant. À partir d'aujourd'hui, si vous allez chez votre médecin généraliste, vous ne serez plus obligé de débourser 23 euros pour la consultation. Vous pourrez lui demander le tiers-payant et s'il accepte, ce sera à lui de faire la démarche auprès de la sécurité sociale pour se faire payer la consultation.

Ce que ça change pour les patients

Comme le prévoit la loi Santé, avec le tiers-payant, lorsque vous vous rendrez chez votre médecin généraliste, vous pourrez présenter votre carte vitale pour régler la consultation, comme vous le faites déjà à la pharmacie ou dans les laboratoires médicaux. Le tiers-payant dispense les patients d'avancer les frais remboursés par la sécurité sociale. Toutefois, ils devront toujours prendre en charge les frais remboursés par les mutuelles. Concrètement, cela signifie que pour une consultation classique qui coûte en moyenne 23 euros, les patients n'auront plus qu'à payer 7 euros sur place, ce qui correspond à la part de la mutuelle.

En 2016, le tiers payant s'était déjà généralisé pour les femmes enceintes et les malades atteints d'affection longue durée. Ce qui change à partir de ce 1er janvier, c'est que le tiers-payant s'étend à tous les patients mais il reste optionnel. C'est à dire que vous l'obtiendrez seulement si vous en faîtes la demande à votre docteur et si celui-ci accepte. Le tiers-payant deviendra obligatoire pour tout le monde dès novembre 2017.

Ce que ça change pour les médecins généralistes

Beaucoup de généralistes se disent prêts à jouer le jeu, même si la mesure les a fait bien râler au départ. Jean-Michel Biaud est médecin à Cerisiers, une commune du sénonais. Il acceptera le tiers-payant pour certains de ses patients.

Je le ferai s'il est vraiment dans la mouise et si c'est un client habituel. On est pas tous égaux devant la santé donc on doit être égaux devant l'accès aux soins.

- Jean-Michel Biaud, médecin généraliste à Cerisiers

Comme il l'appliquait déjà pour les femmes enceintes et les malades de longue durée, Jean-Michel Biaud sait comment cela fonctionne.

Je passe la carte vitale comme d'habitude et je précise que c'est un tiers-payant. C'est une manipulation d'une minute. Sur une journée de travail, cela fait trente minutes en plus.

- Jean-Michel Biaud, médecin généraliste à Cerisiers

La manipulation, simple de prime abord, se complique lorsque les patients n'ont pas leur carte vitale à jour ou lorsqu'ils sont affiliés à un régime particulier de la sécurité sociale. Même si ces cas là sont rares, le docteur Biaud craint de perdre beaucoup de temps avec la généralisation du tiers-payant.

Pour des cas litigieux, vérifier les droits sur le site et voir si c'est la bonne carte , cela ne prendra pas une minute mais un quart d'heure. En tant que médecin, on a pas ce temps pour le travail administratif. Ce n'est pas le tiers-payant en soit qui nous pose problème, c'est vraiment l'aspect technique de sa mise en place.

- Jean-Michel Biaud, médecin généraliste à Cerisiers

Sans compter les difficultés d'accès au réseaux internet pour se connecter au site de la sécurité sociale, ajoute le médecin.

Quand on habite Sens où Auxerre, l'internet ne mouline pas. Moi, je suis en milieu rural et là, par exemple, je n'ai plus d'internet depuis deux jours. Je ne peux donc plus rien transmettre.

- Jean-Michel Biaud, médecin généraliste à Cerisiers

Malgré tout le docteur de Cerisiers et les autres généralistes de l'Yonne vont bien bien devoir s'y faire, car dès le mois de novembre ils ne pourront plus refuser le tiers-payant à leurs patients car celui-ci sera obligatoire.

Les personnes les plus démunies vont-elles mieux se soigner ?

L'un des objectifs du tiers-payant est de permettre aux personnes qui ont des revenus modestes et qui ne sont pas couvertes par la CMU d'aller chez le médecin, sans avoir à avancer d'argent. Les 23 euros à débourser jusqu'ici dissuadaient certains de se faire soigner. Cependant, pour le docteur Biaud de Cerisiers, le tiers-payant sans accompagnement spécifique de ces personnes ne sera pas suffisant pour étendre l'accès aux soins aux plus démunis.

"Le tiers-payant n'est pas intéressant pour la majorité des gens", docteur Jean-Michel Biaud de Cerisiers

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