Santé – Sciences DOSSIER : Le dossier du jour de France Bleu Vaucluse

Le Vaucluse aussi est touché par la désertification médicale

Par Kevin Dufreche, France Bleu Vaucluse vendredi 13 octobre 2017 à 4:11

En France, 8% de la population vit dans des villes qui manquent de médecins.
En France, 8% de la population vit dans des villes qui manquent de médecins. © Maxppp -

500 médecins généralistes pour plus de 500.000 habitants : le Vaucluse est touché par la désertification médicale, comme de nombreux territoires en France. Mais des solutions existent, et le gouvernement présente ce vendredi un plan de lutte.

La pénurie de médecins est grandissante, et le Vaucluse n'est pas épargné. Ce qui est paradoxal, c'est que la France n'a jamais compté autant de médecins. Ils sont plus de 290.000 inscrits à l'Ordre national des médecins cette année, c'est 15% de plus qu'il y a dix ans.

Des médecins vieillissants, et une baisse du nombre de généralistes

Mais il y a deux problèmes : d'abord, le vieillissement. La moyenne d'âge des médecins en France, c'est 51 ans.

Ensuite, le manque de médecins généralistes. On compte de plus en plus de spécialistes, mais le nombre de généralistes lui est en baisse. L'Ordre des médecins estime même que leur nombre aura baissé d'un quart en 2025 par rapport à 2007.

Et on aurait tort de penser que la pénurie de médecins généralistes ne concerne que les campagnes : de plus en plus, les communes en zone périurbaine sont touchées. On estime que 8% de la population française réside dans une commune qui manque de médecin généraliste.

Des aides qui donnent peu de résultats

Beaucoup de choses ont été mises en place, pour le moment sans tellement de résultats : des bourses pour les étudiants en médecine qui s'engagent à s'installer en désert médical , ou encore des aides financières à l'installation pour les jeunes médecins : 50.000 euros versés sur deux ans, si le praticien s'engage à rester dans la zone au moins trois ans.

Des moyens supplémentaires devraient être annoncés ce vendredi par le gouvernement : on parle de 400 millions d'euros pour développer les maisons de santé, qui regroupent des médecins. En revanche, la suppression du "numerus clausus", qui limite le nombre d'élèves en deuxième année de médecine, un dispositif souvent critiqué, ne semble pas être à l'ordre du jour.

La maison médicale, le choix de Bédoin

Au pied du Ventoux, Bédoin, 3.000 habitants, a fait le choix de la maison médicale. En voyant deux de ses trois médecins partir, et le dernier rester le temps de trouver un remplaçant pour pouvoir partir à la retraite, le maire Luc Reymard a compris qu'il faudrait quelque chose de spécial. En 2014, le projet de construction d'une Maison de Santé Pluridisciplinaire (MSP) est lancé.

Résultat, 14 professionnels de santé s'y installeront à l'ouverture, début 2019. Trois médecins sont d'ores et déjà venus s'installer, en louant des locaux privés privés pour le moment.

À Bedoin, la construction d'une maison de santé ramène des médecins

Certains y sont réticents

D'autres élus ne sont pas vraiment pour la construction de ce genre de pôle. A l'image de Jacques Demanse, le maire de Sauveterre, une commune de 2000 habitants dans le Grand Avignon. Il reste attaché au médecin communal. Mais les jeunes médecins réclament désormais plus de stabilité, et du travail en équipe. Des intérêts antagonistes, qui ne permettent pas à Sauveterre d'avoir un médecin depuis 4 ans.

Pour lui, ce n'est pas aux collectivités et au contribuable de payer pour l'installation des médecins.

Mais le maire est prêt à des efforts : il met à disposition gratuitement un local pendant quelques mois, pour permettre à un jeune médecin de venir s'installer. Et il vante les atouts de son village : proche d'Avignon, de l'autoroute, et de la gare TGV.

À Sauveterre, cela fait 4 ans qu'il n'y a plus de médecin