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Santé – Sciences

Les allergies aux pollens arrivent dans l'Yonne

mercredi 29 mars 2017 à 8:00 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

Avec le printemps, c'est le début des allergies. Le département de l'Yonne est en vigilance jaune, le troisième niveau d'alerte sur cinq. Michel Bouhey, allergologue à Auxerre, parle d'un problème de santé publique et nous donne des conseils pour faire face.

Attention, les pollens arrivent ! (photo d'illustration)
Attention, les pollens arrivent ! (photo d'illustration) © Maxppp - BROCARD Pascal

Yonne, France

Les pollens de bouleau arrivent. Selon le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), le risque d'allergies dans le département de l’Yonne est de 3 sur une échelle de 5 pour l’instant. C'est donc le début d'une période d’affluence dans les cabinets des spécialistes. Michel Bouhey, allergologue à Auxerre, en a l’habitude : "On le sent bien, la courbe du téléphone suit la courbe des pollens. Et on sent bien une augmentation des consultations en cette période pour des symptômes polliniques".

30% des Français concernés par les allergies

Ces allergies saisonnières se caractérisent par une rhinite (des éternuements, le nez qui coule comme de l’eau), une conjonctivite (les yeux qui démangent, qui pleurent) et une petite toux. "Et puis il y a un symptôme qui n’est pas visible mais qui est très gênant pour les patients, c’est la fatigue", poursuit Michel Bouhey, "ça fatigue énormément."

Pour combattre ces symptômes gênants, il y a les antihistaminiques. Il y a aussi des médicaments locaux pour diminuer les inflammations, notamment des produits à base de cortisone. Pour essayer de combattre l’allergie en elle-même, il existe des traitements de désensibilisation. "C’est ce qu’on appelle l’immunothérapie spécifique", précise l’allergologue auxerrois, "cela consiste à traiter les patients pour qu’ils tolèrent de mieux en mieux les allergènes. C’est le même principe qu’une vaccination. Et là, vraiment, on combat la maladie". Mais c’est un traitement long, Michel Bouhey le reconnait : "c’est un traitement qui s’étend sur minimum de trois ans, un optimum de 4 ans et un maximum de 5 ans".

Des gestes au quotidien pour limiter les allergies

Au-delà de ces traitements, il y a aussi des gestes de bon sens à adopter, quand on souffre d’allergies : "il faut absolument limiter le contact avec les pollens", explique le médecin qui donnent quelques exemples concrets : "En voiture, ne pas laisser les vitres ouvertes, mettre des lunettes de soleil quand on fait du vélo, se rincer les cheveux tous les soirs car les pollens se déposent sur les cheveux et ensuite sur l’oreiller… Enfin il faut aérer mais aux bonnes heures c’est à dire avant 10h le matin après 17h le soir. Entre les deux, les pollens risquent de se déposer dans la maison".

  - Visactu
© Visactu -

Le nombre de Français concernés par les allergies augmente d’années en années. 30% des adultes et près de 20% des enfants sont aujourd'hui concernés. C'est deux fois plus qu'il y a quinze ans, dix fois plus que dans les années 70. Le médecin auxerrois le constate localement : "Il y a vraiment de plus en plus de nouveaux patients". Plusieurs facteurs peuvent jouer, selon lui : "La pollution de l’air, liée notamment aux voitures, augmente le pouvoir allergisant des pollens. Il y a aussi l’évolution de l"aménagement des paysages. On a introduit des espèces d’arbres qui ne sont pas trop de notre région, comme le bouleau, et cela provoque des allergies"

La semaine dernière, le syndicat français des allergologues (SYFAL) a lancé un appel aux candidats à l’élection présidentielle, pour leur demander de prendre ce problème au sérieux. Le syndicat évoque une "situation critique' et demande aux candidats de prévoir un "Plan allergies" qui inclurait la création d'un observatoire des allergies. Une idée saluée par Michel Bouhey : "Les allergies sont sous-diagnostiquées et sont surtout en forte augmentation. Un observatoire est donc nécessaire, parce qu’il y a souvent de nouveaux allergènes et que c’est par un observatoire qu’on peut les reconnaître. C’est aussi très important pour essayer d’intervenir auprès du secteur agro-alimentaire, car on constate beaucoup de nouvelles allergies alimentaires".

Créer un observatoire pour répondre à ce problème de santé publique

Finalement, pour ce médecin, il s’agit de dire que les allergies sont de vraies maladies, et pas simplement une situation d’inconfort pendant quelques semaines. "Ce sont de vraies maladies qui deviennent de plus en plus gênantes, qui peuvent vraiment gâcher la vie des gens toute leur vie, parce que c’est extrêmement fatigant. Et ça peut être gravissime : il ne faut pas oublier qu’il y a des morts par allergies ! C’est un vrai problème de santé publique", conclut l’allergologue.

"Les allergies sont un problème de santé publique" : Dr Michel Bouhey, allergologue à Auxerre