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Santé - Sciences

Comment ne pas se mettre en danger avec les champignons ?

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Par , , France Bleu Gard Lozère

Une famille a été gravement intoxiquée après avoir acheté des champignons sur le marché d'Octeville, près de Cherbourg-en-Cotentin. Selon la préfecture de la Manche, les champignons, de "type coulemelles", étaient vendus par un particulier. Suivez les conseils d'une experte !

Amanite phalloides
Amanite phalloides © Radio France - Yves Meyier

Alès, France

Méfiance lors de la cueillette des champignons. Nous avons encore appris la mort d'une personne, mais aussi deux hospitalisations ces derniers jours en France, dans les Deux-Sèvres. L'Agence régionale de santé d'Occitanie rappelle les conseils de base : ne ramassez que les champignons que vous connaissez et au moindre doute, posez la question à un spécialiste. 

France Bleu Gard Lozère a interrogé Vanessa Bozec présidente de la société mycologique d'Alès.

D'abord, vous confirmez : des champignons à foison cette année ?

Je ne dirais pas à foison, mais Il semblerait que cet automne 2019 soit davantage une année à champignons que les quatre dernières années. Depuis le début de l’automne on a une météo pas trop froide et plutôt humide et cela est propice au développement des champignons.

Si c'est la première fois que je pars cueillir des champignons ce week-end, je peux partir "la fleur au fusil" avec juste une brochure sous le bras ou c'est dangereux ?

Identifier un champignon avec certitude est loin d’être simple et on ne devient pas expert en champignons du jour au lendemain. Le seul moyen de distinguer les champignons toxiques des champignons comestibles est d’avoir des connaissances précises sur les caractères distinctifs des différentes espèces. Et ces connaissances, à mon avis, ne peuvent s’acquérir qu’en voyant le champignon en vrai et en le rencontrant à plusieurs reprise. 

Pour les personnes qui souhaitent manger les champignons qu’ils ramassent et pour acquérir ces connaissances, je recommande vivement par exemple de participer aux activités d’une association mycologique lors de réunions d’identification, exposition mycologique, sortie sur le terrain… ou de faire des sorties sur le terrain avec une personne ayant des compétences en mycologie qui vous permettra de progresser sur la reconnaissance des champignons, au fil des promenades. Donc, se fier à la simple consultation d’un livre ou d’une brochure est loin d’être suffisant: et il serait dangereux de vouloir déterminer un champignon juste à l’aide de quelques photos.

Si on ne connaît pas le champignon et qu’on ne l’a jamais vu en vrai, la conduite à tenir est de faire identifier ses champignons avant de les manger par un expert en mycologie (mycologue, pharmacien formé à la mycologie, contacter une association mycologique...).

Par ailleurs, il faut aussi se munir d’un livre récent et à jour sur les comestibilités, car certaines espèces de champignons réputés anciennement comestibles sont devenus à ce jour toxiques voire même mortels. C’est le cas par exemple du Tricholome équestre, Ce champignon avait par le passé une réputation de très bon comestible et il a été classé mortel depuis 2001 suite à la mise en évidence de plusieurs intoxications (dont trois cas mortels) suite à une consommation répétée de ce champignon. Comme c’est une toxicité qui s’exprime au niveau des muscles, notamment qui peut atteindre les muscles cardiaques et qui n'apparaît que quelques jours après l’ingestion, le lien de cause à effet n’avait pas été mis en évidence auparavant.

Il y a des règles précises pour la cueillette ? On arrache tout ? Il faut absolument le pied, les racines ?

Si on ne connaît pas bien le champignon et que l’on souhaite le faire identifier, il faut absolument ramasser le champignon en entier du chapeau jusqu’à la base du pied. Le mieux est de le déterrer à l’aide d’un couteau, car il peut y avoir des indices d’identification à la base du pied comme par exemple une volve un peu enterrée qui sera donc un critère important pour l’identification. Bref, couper au niveau du pied ou couper seulement le chapeau ne permettra pas une identification fiable. Après bien sûr, si c’est un champignon que l’on connaît parfaitement, il n’y a pas d’obligation de le ramasser en entier.

Une autre chose importante c’est de regarder auprès de quel arbre pousse le champignon à identifier car certains champignons ne poussent que sous certains arbres, puisque beaucoup de champignons poussent en symbiose avec un arbre. 

Ensuite, éviter de mettre les champignons dans un sac plastique car cela va favoriser la macération et le risque de contamination bactérienne

Eviter aussi de ramasser des champignons trop vieux qui de toute façon même s’ils sont comestibles ne le seront plus du fait de leur début de pourrissement. 

Il faut savoir aussi que les champignons ne se conservent que quelques jours au réfrigérateur une fois nettoyés. Il est donc fortement conseillé de les faire identifier et de les nettoyer dès le retour de la récolte, en les brossant délicatement, puis de les consommer rapidement.

Pour finir, il faut toujours consommer des champignons en petites quantités, bien cuits et jamais à tous les repas.

Et puis il ne faut jamais ramasser les champignons dans les endroits potentiellement souillés ou pollués (bords des routes, proche d’une déchetterie par exemple) car les champignons accumulent énormément les composés toxiques que l’on retrouvera dans l’assiette.

Dans les Deux-Sèvres, il s'agissait apparemment des amanites phalloïdes. Ils ressemblent à quoi justement ces champignons ?

L’amanite phalloïde est un champignon avec des lamelles blanches, un chapeau vert pâle à olive, parfois grisâtre et même parfois blanc d’environ 5 à 12 cm, un pied blanc entre 5 et 20 cm avec un anneau blanc. Et à la base du pied, il possède une volve blanche caractéristique. C’est un champignon qui est assez fréquent avec de plus fortes poussées de septembre à octobre et il peut pousser auprès de plusieurs arbres : hêtre, chêne, bouleau, charme, épicea. Il n’est pas rattaché à un seul arbre. 

Cette amanite phalloïde est responsable chaque année de la majorité des intoxications mortelles, les symptômes apparaissent tardivement après ingestion, entre 12 et 24 heures, avec des douleurs abdominales violentes, des nausées, vomissements et diarrhées importantes. 

Mais le plus grave, c’est qu’elle entraîne une destruction des cellules hépatiques nécessitant une greffe de foie en urgence et entraînant la mort si on est pas pris en charge médicalement rapidement. 

Et si j'ai un doute, je fais quoi ? J'en goûte juste une partie ? Non bien sûr...

En cas de doute, je le répète on va faire identifier sa récolte auprès d’un expert mycologue ou d’un pharmacien confirmé. Et on n’en goûte pas une partie car même une petite quantité consommée d’un champignon toxique peut être grave.

Les symptômes arrivent vite ? Ça ressemble à quoi : un mal au ventre, des boutons ?

Les symptômes sont variables selon le champignon toxique consommé. Le plus souvent ce sont des nausées, vomissements, diarrhées, maux de ventre, vertiges, ou douleurs musculaires. 

À partir de quand il faut s'inquiéter ?

Les symptômes peuvent apparaître entre 15 minutes et deux heures après ingestion mais parfois plus tardivement, entre huit et 48 heures après ingestion.

Et si j'ai des symptômes au bout de deux-trois jours ?

En général, plus les symptômes apparaissent tardivement et plus l’intoxication est grave. Dans tous les cas, il faut consulter un médecin en urgence et appeler le centre anti-poison le plus proche, qui est en relation avec des mycologues et des toxicologues.

D’ailleurs garder une partie de la récolte ou prendre les champignons consommés en photo avant de les manger peut aider à déterminer les champignons en cause et à établir rapidement le protocole de soins adapté.

C'est une bonne idée, en rentrant chez moi, de comparer les champignons que je ramasse avec des photos sur internet ?

Non, mauvaise idée car sur internet on peut tomber sur des erreurs selon les sites, ou alors il faut aller sur des sites fiables et contrôlés par des mycologues. Mais de toute façon, reconnaître un champignon que l’on n'a jamais vu de sa vie à l’aide de photos est loin d’être suffisant pour garantir une identification fiable.

À qui peut-on les montrer avant de les manger, pour être sûr de son coup ?

Si on ne connaît pas le champignon et qu’on ne l’a jamais vu en vrai, la conduite à tenir est de faire identifier ses champignons avant de les manger par un expert en mycologie (mycologue, pharmacien formé à la mycologie, ou contacter une association mycologique...).

Et à vous, c'est possible ?

Nous sommes la société mycologique d’Alès, association de bénévoles et vous pouvez nous appeler au 06.75.46.66.34 ou nous contacter via notre site internet ou encore par courriel : myco.ales@gmail.com

Nous avons des réunions d’identifications tous les lundis de 17h à 19h à l’espace André-Chamson salle Dullin à Alès. Le public peut venir avec sa récolte et la faire identifier lors de cette réunion. Sinon, notre association est ouverte à toutes et tous, quel que soit votre niveau de connaissance. Nous organisons régulièrement des sorties sur le terrain.

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