Santé – Sciences

Les cheveux des enfants français sont truffés de perturbateurs endocriniens, selon 60 Millions de consommateurs

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 20 avril 2017 à 10:03

En moyenne, l'association a trouvé 34 substances dans les cheveux des enfants
En moyenne, l'association a trouvé 34 substances dans les cheveux des enfants © Maxppp - Jérôme Gorin

Bisphénol A, phtalates ou pesticides : des traces de dizaines de perturbateurs endocriniens ont été retrouvées dans les cheveux d'enfants de 10 à 15 ans, selon une étude publiée mercredi par 60 Millions de consommateurs.

Les cheveux des enfants français sont plein de substances douteuses, des perturbateurs endocriniens, selon 60 Millions de consommateurs. L'association a révélé mercredi une étude menée sur 43 enfants de 10 à 15 ans. Elle appelle les autorités à agit et les consommateurs à se mobiliser.

"Tous contaminés" ?

L'association de consommateurs a fait analyser par un laboratoire indépendant une mèche de cheveux de ce panel habitant "sur tout le territoire" français, tant en ville qu'en milieu rural, pour y rechercher 254 substances "répertoriées comme des perturbateurs endocriniens potentiels ou avérés". Résultat : 23 à 54 molécules ont été retrouvées selon les enfants (34 en moyenne). Des résultats qui "suggèrent fortement" que les petits Français sont "tous contaminés", s'alarme le magazine. Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances présentes dans de nombreux produits du quotidien (cosmétiques, jouets, peintures, contenants alimentaires...), qui perturbent le système hormonal et sont soupçonnées par de nombreuses études scientifiques de générer maladies et anomalies.

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Phtalates et pesticides en force

Parmi les sept grandes familles de polluants recherchées, des phtalates et des pesticides étaient présents dans tous les échantillons analysés, tandis que bisphénols, PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), métaux lourds et retardateurs de flamme bromés (PBDE) ont été retrouvés chez une partie des enfants. Le bisphénol A, perturbateurs endocrinien avéré, n'a été retrouvé que dans 20% des échantillons, preuve de "l'efficacité" de son interdiction en France dans tous les contenant alimentaires depuis 2015, selon 60 Millions de consommateurs.

En revanche, le bisphénol S, utilisé en substitution, était présent dans 98% des échantillons, une "mauvaise nouvelle" pour l'association, car il est "fortement suspecté" d'avoir les mêmes effets sur la santé que son prédécesseur. Autre point inquiétant, la persistance dans les analyses de PCB, retrouvés chez tous les enfants sauf un, alors qu'ils sont interdits en France depuis... 1987. L'Union européenne peine actuellement à se mettre d'accord sur une définition des PE qui permettrait de prendre des mesures réglementaires pour limiter leur impact sur la santé.