Santé – Sciences

Les chiens détecteurs de cancer ont commencé leur formation en Haute-Vienne

Par Nathalie Col, France Bleu Limousin et France Bleu lundi 19 septembre 2016 à 18:21

Les malinois Nikyos et Thor mettent leur flair au service de la santé
Les malinois Nikyos et Thor mettent leur flair au service de la santé - ©Kdog

Dépister le cancer du sein grâce à leur flair, c'est la mission confiée à Nikyos et Thor, deux chiens qui s'entraînent depuis trois semaines dans l'ancienne caserne de Magnac-Laval. Le projet, baptisé KDOG, est mené conjointement par l'entreprise ITDC à Magnac-Laval et l'institut Curie, à Paris.

Le projet a germé il y a quatre ans dans l'esprit de Jacky Experton, fondateur de la société ITDC, à Magnac-Laval, dans le nord de la Haute-Vienne. Cet ancien militaire, reconverti depuis longtemps dans la formation de chiens pour détecter des explosifs et des armes dans les lieux publics et les aéroports,  voulait aussi mettre son expertise au service de la santé. Son intuition, c'est que le flair exceptionnel des chiens peut permettre de détecter des cancers, y compris à des stades précoces. Des expériences déjà menées aux Etats-Unis le confirment, selon l'institut Curie à Paris, qui s'est associé à ce projet KDOG. Après une campagne de financement participatif qui a permis de récolter 80.000 euros en seulement quelques jours, au printemps dernier, la formation de deux chiens vient donc d'être lancée pour les entraîner à détecter l'odeur du cancer du sein.

Discrétion de rigueur pour ces entraînements dont les premiers résultats sont prometteurs

En trois semaines de formation Thor et Nikyos ont déjà réalisé 140 recherches chacun. L'entraînement intensif de ces deux chiens malinois va durer 6 mois, pour voir si les premiers résultats, très prometteurs, se confirment sur la durée. Dans ce cas, une étude clinique sera lancée et d'autres chiens seront formés. "Le but ultime est de pouvoir faire de la détection à grande échelle, en particulier dans les pays en voie de développement, car c'est un système qui est très rapide,  et pas onéreux par rapport aux appareils de mammographie," explique Jacky Experton.

Un rôle de "sonnette d'alarme"

Le fondateur de la société ITDC rêve d'une application sur le terrain d'ici un an et demi, si tout se passe sans problème et si le système est homologué. Mais il précise : "On n'est pas là pour remplacer les médecins. On est là un peu comme une sonnette d'alarme en amont, qui va permettre de dire qu'il faut mettre une femme sous surveillance, et rapprocher peut-être les examens, de façon à traiter le plus rapidement possible ce type de cancer." L'expérience suscite en tout cas un engouement croissant. Au-delà du succès fulgurant de sa campagne de financement participatif, le projet KDOG devrait recevoir prochainement le soutien  du Rotary club de Bellac, et les laboratoires vétérinaires DECHRA se sont engagés à fournir la nourriture des chiens pour 6 mois.