Santé – Sciences

Les Dys (Dyslexie, dysphasie, dyspraxie), on en parle dans le Poitou

Par Rivière Isabelle, France Bleu Poitou jeudi 15 octobre 2015 à 12:39

La longue litanie des Dys, troubles du langage et de l'apprentissage
La longue litanie des Dys, troubles du langage et de l'apprentissage © Radio France

C'était la 9ème journée nationale des Dys ce mercredi 14 octobre en France, l'occasion pour Dys en Poitou et HandicapEcole 86 de sensibiliser le grand public au fléau que représentent les DYS, ces troubles qui pourrissent la vie de certains enfants et de leurs familles.

Dyslexie, dysphasie, dyspraxie... elle est longue la litanie des Dys ! En France, 1 à 3 élèves par classe souffrent d'un Dys. Pourtant ces troubles restent méconnus du grand public. C'est pour sensibiliser l'opinion à ces handicaps invisibles que la journée nationale des Dys existe. 9ème journée nationale des Dys avec des actions dans le Poitou comme cette visioconférence organisée hier 14 octobre 2015 dans les 4 départements de Poitou-Charentes. Ouverte aux parents, aux professeurs, aux professionnels médicaux, l'objectif c'est de faciliter le diagnostic. 

Le fléau des Dys dans la vie des familles

A l'heure actuelle, trop peu d'enfants sont diagnostiqués Dys. Et quand ils le sont, c'est à l'issue d'un long parcours du combattant pour l'enfant et sa famille

La Poitevine Caroline Artero-Rousselot est la maman d' un garçon de 8 ans : Romain, dysphasique (impossibilité de prononcer certaines syllabes, certains mots), dyslexique_ (inversion de syllabes, de lettres, confusion des sons), et **dyspraxique***_ (l'enfant est "anormalement" maladroit, a du mal à reproduire certains gestes, à tracer des lignes géométriques par exemple, à faire ses lacets). 

Tous ces dys pourrissent la vie de Romain. En matière de sociabilisation par exemple: 

"Il a du mal à communiquer avec ses petits camarades. Comme il ne peut pas prononcer certains mots, il ne peut pas être compris. C'est difficile. Même à table par exemple : Dire je n'aime pas les courgettes, je ne souhaite pas en manger, ça ce n'est pas possible", nous confie sa maman.  

Des problèmes à l'école et ailleurs

A l'école, c'est pareil. Impossible de faire des maths "comme les autres", de prononcer ou d'écrire correctement certains mots. Et puis, en centre de loisirs, ou à l'école du Cirque, il faut expliquer que Romain ne peut pas faire certains mouvements. 

Pour le diagnostic, l'association Handicap Ecole 86 préconise de passer par un médecin scolaire ou par un médecin de famille en premier lieu. A Poitiers, il existe un centre des troubles de l'apprentissage, et un service géré par la pédopsychiatre Nicole Catheline, à l'hôpital Henri Laborit. Certes la liste d'attente est longue, mais ça vaut le coup, insiste Caroline Artero-Rousselot, la maman de romain, responsable par ailleurs de l'association Dys en Poitou, dans la Vienne.  L'enfant passe toute une série de tests, et une fois le diagnostic posé peut bénéficier d'aides diverses, notamment à l'école. 

Il existe des moyens adaptés pour aider les enfants Dys à l'école

Joël Pelhate est le responsable de l'association Handicap Ecole 86. Il explique qu'il existe des moyens adaptés pour aider l'enfant Dys au quotidien, notamment à l'école en mettant des instruments à disposition des enseignants ou en leur demandant d'adapter leurs cours. 

  • Proposer aux enseignants de mettre leurs cours sur clefs USB : Des cours au format numérique avec des textes à trous pour éviter de trop longues séances de lecture et  d'écriture aux élèves Dys
  • Présentation des cours avec des paragraphes espacés, et une police plus visible, voire des couleurs pour favoriser l'apprentissage de ces cours ou la prise de note
  • Les élèves Dys diagnostiqués peuvent aussi bénéficier d'un accompagnement en cours, un auxiliaire de vie scolaire, mandaté par l'inspection académique. 

Dans tous les cas, le réflexe c'est de faire diagnostiquer l'enfant Dys pour savoir s'il souffre de dyslexie, dysphasie, dyspraxie, ou tout autre trouble en dys.