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Dossier : Coronavirus Covid-19

Les étudiants infirmiers d'Avignon protestent contre la suspension de leur formation

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Par , France Bleu Vaucluse

L'Agence régionale de santé en Provence Alpes Côte d'Azur a décidé de suspendre les cours des étudiants en deuxième année des écoles d'infirmières de la région jusqu'au 13 décembre à cause de la crise sanitaire. À Avignon, les élèves dénoncent une décision unilatérale qui met à mal leur avenir.

Emma, Lucie, Ambre et Mélanie, membres du bureau des étudiants de l'Ifsi d'Avignon et toutes concernées par la suspension de la formation.
Emma, Lucie, Ambre et Mélanie, membres du bureau des étudiants de l'Ifsi d'Avignon et toutes concernées par la suspension de la formation. © Radio France - François Breton

La décision a été annoncée lundi 16 novembre à la surprise générale. L'agence régionale de santé Provence Alpes Côte d'Azur a décidé de suspendre pour un mois les cours des étudiants en deuxième année dans tous les Instituts de formation en soins infirmiers. Ils peuvent alors se porter volontaire pour renforcer les services hospitaliers touchés par la deuxième vague de Covid-19.

"Pendant un mois, on ne peut plus envoyer de messages à nos formateurs, ils ne peuvent pas rentrer en contact avec nous. Nous n'avons plus de statut d'étudiant", dénonce Emma, la présidente du bureau des étudiants de l'Ifsi d'Avignon. L'association a publié sur les réseaux sociaux une lettre ouverte, cosignée par 19 des 21 Ifsi de la région, signe que le sujet inquiète grandement ces élèves infirmiers.

"Notre pronostic mental est engagé"

À Avignon, cette suspension provoque l'annulation d'un stage de cinq semaines. "Dans un an et demi, on est censé obtenir notre diplôme d'infirmier, et pour l'instant certains n'ont fait qu'un seul stage au lieu de trois", détaille la présidente du BDE. Certains doivent se contenter d'une seule expérience dans des services gériatriques ou d'autres établissements pour les personnes âgées. Des lieux où l'on apprend moins de techniques de soins par rapport à un service de réanimation estiment plusieurs étudiants. 

"Est-ce que plus je serai en capacité de prendre en charge un patient correctement ? Est-ce que je vais être en capacité d'aider les équipes soignantes en ayant un mois de pratique ou de cours théoriques en moins ? s'interroge Mélanie, une membre du BDE. On est stressé, angoissé. À l'heure actuelle, le pronostic mental des étudiants est engagé." D'après l'association, 63 % des élèves infirmiers se disait en situation de stress ou de burn-out lors du premier confinement. 78 % d'entre eux souffraient de mal-être dans leur formation.

"On est en train de détruire les soignants de demain, sur le plan psychologique et aussi des compétences." Mélanie, en deuxième année à l'Ifsi d'Avignon.

Des sources de démotivation dans un contexte lourd, ce qui laisse craindre des décrochages dans la formation d'après le BDE de l'Ifisi d'Avignon.

Un renfort pour le personnel soignant

Avec cette suspension, l'ARS veut inciter les étudiants en deuxième année à se porter volontaire pour renforcer les hôpitaux confrontés à la deuxième vague de l'épidémie. "Je me suis inscrite la semaine dernière sur la plate-forme pour dire que j'étais volontaire, explique Lucie, une autre deuxième année. S'ils ont suspendu notre formation, c'est qu'il se passe quelque chose de grave, qu'ils ont besoin de nous. Ils ne nous ont toujours pas appelé, je ne comprends pas"

Si quelques étudiants ont été contactés, ils se sont vus proposer des remplacements loin de leur domicile. "J'habite à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) et on me proposait de travailler à Orange. Je suis désolée, mais je n'ai pas les moyens de faire l'aller-retour tous les jours", explique Emma. 

Des représentants de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers ont rendez-vous au ministère de la Santé mardi 24 novembre pour faire part de ces inquiétudes. 

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