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Santé – Sciences DOSSIER : Dépakine : l’antiépileptique accusé de provoquer des malformations chez le fœtus

Les familles drômoises victimes de la Dépakine veulent que lumière soit faite

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Par , France Bleu Drôme Ardèche

Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, une centaine d'enfants au minimum sont plus ou moins handicapés parce que leurs mères a pris de la Dépakine pendant leurs grossesses. Un rapport de l'Inspection générales des affaires sociales doit établir les responsabilités.

© Maxppp - Jean-François Frey

Étoile-sur-Rhône, France

Maryline habite Étoile-sur-Rhône, dans la Drôme. Elle est épileptique  depuis l'âge de 17 ans. Pour lutter contre cette maladie, elle prend de la Dépakine. Elle a eu quatre enfants. Pour ses grossesses, elle a demandé aux médecins si elle pouvait continuer à prendre le médicament, très efficace contre l'épilepsie. On lui a répondu oui. Pour ses deux premiers enfants, pas de problème. Les deux derniers - des jumeaux - sont handicapés. Pour des raisons différentes: l'un a eu un problème au moment de la naissance. L'autre, Émilie, à cause de la Dépakine.

Émilie a 16 ans aujourd'hui. Elle a un retard mental et connaît de grosses difficultés d'apprentissage. Elle est scolarisée à l'Institut médico-associatif Val Brian à Allex. Ça a pris de longues années, avant que Maryline apprenne d'où vient l'handicap d'Émilie. En 2009, un généticien pose le diagnostique: c'est la Dépakine qu'elle a pris pendant sa grossesse qui est en cause. Mais Maryline comprend vraiment ce qu'il s'est passé en mai 2015, quand le scandale éclate et que des reportages sont diffusés à la télévision. Ce jour-là, le ciel lui tombe sur la tête. Elle en parle avec la gorge nouée:

Maryline comprend que la maladie de sa fille vient de la Dépakine

Mes enfants m'ont dit: c'est pas de ta faute maman. C'est la faute des médecins. On t'en veut pas.

Pendant des années, les femmes ont été très mal informées sur les dangers de la Dépakine. Certains médecins l'a déconseillait pendant la grossesse, mais d'autres non. Pourtant la première étude scientifique qui fait mention des dangers du médicament pour les femmes enceintes date de 1982. Mais il fallu attendre 30 ans pour que la notice du médicament indique clairement ces dangers. Aujourd'hui, avant de prescrire de la Dépakine, un médecin doit faire signer à sa patiente un mot indiquant qu'elle est consciente des risques. Une bonne avancée, mais Maryline, elle, est en colère contre le système médical qui a été défaillant pendant si longtemps:

"Ils disent qu'ils étaient pas au courant, c'est faux"

Le rapport de l'IGAS est donc attendu par les familles. Celle de Maryline, mais aussi celles de la centaine d'enfants - au minimum - qui sont concernés dans la région Rhône - Alpes - Auvergne. Il s'agit avant tout d'établir les responsabilités, de comprendre pourquoi le monde médical et le laboratoire Sanofi, qui fabrique la Dépakine, n'ont pas réagit alors que plusieurs études ont démontré qu'il y avait un lien entre Dépakine et handicap. Maryline veut savoir ce qu'il s'est passé:

"Je demande la justice"

Je demande la justice, pas pour moi, mais pour mes enfants. Ils n'avaient pas à subir ce qu'ils subissent actuellement

Le rapport de l'IGAS devait être publié vendredi 22 février à l'origine, mais le Ministère de la Santé l'a reporté, sans explications.

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