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Santé – Sciences

Les femmes accros à la cigarette, première cible du Mois sans tabac

mercredi 31 octobre 2018 à 15:01 - Mis à jour le jeudi 1 novembre 2018 à 11:22 Par Faustine Mauerhan, France Bleu

Le Mois sans tabac démarre ce jeudi 1er novembre. Presque 200.000 participants se sont déjà inscrits sur la plateforme de l’opération qui lance sa troisième édition et qui cible, cette fois particulièrement les femmes. Elles sont de plus en plus nombreuses à fumer.

24% des femmes sont fumeuses en France.
24% des femmes sont fumeuses en France. © Maxppp -

C’est une bonne nouvelle, la consommation de tabac recule en France, avec un million de fumeurs en moins en 2017. Cette année, pour la troisième édition du Mois sans tabac, près de 200.000 personnes se sont encore inscrites à l’opération pour tenter d’arrêter de fumer, au moins pendant le mois de novembre. Grâce à un compte sur la plateforme, ces fumeurs recevront des notifications, des conseils, des encouragements. Arrêter de fumer pendant un mois, c'est cinq fois plus de chances d'arrêter totalement.

Première cible de ce Mois sans tabac 2018 : les femmes de 45 à 64 ans. Car si elles n’ont vraiment commencé à fumer que dans les années 70, elles payent désormais un lourd tribut en terme de mortalité liée à la cigarette. C’est toute une génération qui est aujourd'hui touchée de plein fouet par des maladies qu'on croyait quasi exclusivement "masculines" comme le cancer du poumon, l’infarctus du myocarde, la bronchopneumopathie chronique obstructive.

Moins de cancer du poumon chez les hommes mais de plus en plus chez les femmes

Selon l'agence Santé publique France, qui publie une nouvelle étude à l’occasion du lancement de l’opération, 30,8% des femmes de 45 à 54 ans étaient fumeuses en 2017 (24% pour les femmes en général) contre 21,5% en 2000. Résultat : le nombre de décès attribuables au tabagisme a été multiplié par deux chez les femmes entre 2000 et 2014. La mortalité par cancer du poumon a augmenté de 71% alors qu'elle a diminué de 15% chez les hommes. 

Ainsi, "nous allons voir très prochainement la mortalité par cancer du poumon passer devant celle du cancer du sein", avertit le Dr François Bourdillon, directeur général de Santé publique France. "Les femmes ont souvent peur de grossir si elles arrêtent de fumer, alors que nous savons qu'avec un bon accompagnement, on peut tout à fait ne pas grossir, c'est tout l'intérêt d'un suivi comme celui de Tabac Info Service", a par ailleurs souligné Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, lors de la conférence de presse de lancement du Mois sans tabac.

Enceintes et fumeuses

Plus effrayant, même enceintes, trop de femmes fument encore : 16% en fin de grossesse, soit un des taux les plus élevés d'Europe (entre 5 et 10% en Angleterre et les pays du Nord). On sait pourtant que le tabagisme maternel est un facteur de risque majeur pour la mère comme pour les bébés (faible poids, prématurés, mortalité périnatale). La grossesse est quand même pour la moitié des fumeuses l'occasion de s'arrêter mais 82% reprennent après l'accouchement : une "occasion manquée" qui milite en faveur d'un soutien particulier des femmes même après la grossesse, dans leur intérêt comme dans celui du bébé qui sera moins exposé au tabac.

Avec 12 millions de fumeurs et 200 décès par jour, "soit un crash d'avion" quotidien, le tabac reste une cause majeure de santé publique en France, a rappelé Agnès Buzyn, qui ambitionne de parvenir à "la première génération adulte non-fumeur d'ici 2032".

"La hausse du prix du tabac est la meilleure mesure pour inciter les gens à arrêter de fumer", selon elle, confirmant que la hausse du prix du paquet entamée en mars (de 7 à 8 euros) allait se poursuivre par paliers, "jusqu'à 10 euros le paquet en 2022".