Santé – Sciences

Les Girondins en nombre dans la grande manif du monde médical à Paris

France Bleu Gironde samedi 14 mars 2015 à 14:53

Les médecins sont opposés à la généralisation du tiers payant à tous d'ici 2017.
Les médecins sont opposés à la généralisation du tiers payant à tous d'ici 2017. © Maxppp

Les professions médicales vont défiler ce dimanche après-midi à Paris pour dire Non au projet de loi santé de Marisol Touraine. Elles dénoncent notamment la généralisation du tiers payant, et demandent la réécriture du texte. Les manifestants sont attendus de toute la France, et notamment de Gironde.

Généralistes, chirurgiens, internes, mais aussi infirmiers ou kinésithérapeutes : le monde médical défile ce dimanche à Paris contre le projet de loi santé de Marisol Touraine. Une telle mobilisation unitaire n'a pas eu lieu depuis 2002 lors de mouvements pour la revalorisation des honoraires. Les organisateurs, qui disent ne pas pouvoir prévoir la mobilisation, car ils n'ont pas affrété de bus ou de train,  espèrent toutefois atteindre le cap des 20.000 manifestants, et les Girondins devraient être nombreux dans le cortège.

Dans leur majorité, les syndicats de médecins plaident pour une réécriture du texte, dont l'examen doit débuter mardi en commission à l'Assemblée nationale. De façon générale, ils estiment que des choses ont bougé dans le projet de loi, mais que beaucoup de choses restent dans le flou.

"On est en train d'écrire une loi qui pourrait être importante pour mieux servir la santé des Français, au lieu de celà, on a un fatras, un catalogue de mesures qui n'ont aucune cohérence et ont mis tout le monde en colère. Les conseillers ministériels viennent par exemple de découvrir qu'il y a une centaine de régimes d'assurance-maladie obligatoire, puis de 600 régimes complémentaires, et que pour instaurer un système de tiers-payant qui soit simple et qui marche, c'est très compliqué. Celà fait juste deux ans qu'on le leur dit". — Le docteur Bernard Plédran, medecin généraliste à Bordeaux et vice-président du syndicat MG France

Concernant la généralisation du tiers payant, les syndicats de médecins craignent que cette dispense d'avance de frais ne génère beaucoup de paperasse et ont peur de ne pas être remboursés correctement. Ils redoutent la mainmise des caisses d'assurance-maladie sur le rapport médecin-patient.

"Si les caisses nous paient, nous serons obligés de faire une médecine de caisse, c'est à dire que nous prescrirons les médicaments génériques que veut la caisse, les arrêts maladie que veut la caisse. Sinon, on nous menacera de ne pas nous rémunérer. Pour le patient comme pour le médecin, ce sera une perte totale de liberté de prescription. Les pouvoirs publics deviendront indirectement nos employeurs". — Le docteur Jean-Luc Delabant, medecin généraliste à Bordeaux et président de la CSMF en Gironde, présent dans le cortège à Paris ce dimanche après midi.

"Si la caisse nous paie, on sera obligé de faire une médecine de caisse"

 

Pour amorcer le mouvement, les médecins libéraux étaient invités à entamer dès vendredi une grève des gardes et des urgences. Samedi, tous les professionnels de santé étaient appelés à fermer leurs cabinets.

"Cela fait deux ans qu'on leur dit d'être sérieux, responsable et compétent"

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