Santé – Sciences

Les médecins libéraux francs-comtois lancent une carte de coordination des soins

Par Naïs Esteves et France Bleu Besançon, France Bleu Besançon jeudi 17 septembre 2015 à 22:01

La carte de coordination des soins regroupe tous les contacts des soignants.
La carte de coordination des soins regroupe tous les contacts des soignants. © Radio France - Naïs Esteves

Les neuf unions régionales des professionnels de santé libéraux (URPS) de Franche-Comté viennent de créer une carte de coordination des soins. Les patients peuvent y inscrire les coordonnées de leurs soignants habituels pour assurer le lien entre les services hospitaliers et la médecine de ville.

La carte de coordination des soins à la même taille que la carte vitale. Un format pratique voulue par les Unions Régionales des Professionnels de Santé Libéraux (URPS) de Franche-Comté pour que les patients la glisse dans leurs portefeuilles. Les 300.000 exemplaires vont être distribués par les médecins aux personnes âgées et aux patients atteints d'une maladie chronique.

"Lorsque les hospitaliers reçoivent un patient, il est très rare qu'ils aient d'emblée les noms de leurs soignants."

Le patient note alors ses coordonnées et celles de ses soignants habituels : médecin traitant mais aussi infirmier, pharmacien, masseur-kinésithérapeute, sage-femme, pédicure-podologue, dentiste ou encore biologiste. "Lorsque les hospitaliers reçoivent un patient, il est très rare qu'ils aient d'emblée les noms de leurs soignants, remarque Christine Bertin-Belot, la présidente de l'URPS médecins libéraux. Parfois même le patient ne s'en souvient plus, par exemple parce qu'il vient de faire une attaque et qu'il ne peut plus parler. Donc c'est très intéressant d'avoir au minimum les coordonnées du médecin traitant."

Aux services hospitaliers ensuite de prendre le temps de regarder cette carte de coordination des soins et d'appeler les praticiens pour prendre des rendez-vous postopératoires par exemple. Ce qu'ils feront, assurent les représentants des neuf UPRS.

Assurer la continuité des soins.

Pour les libéraux, il s'agit aussi de contacter plus facilement les autres soignants pour demander des compléments d'informations. "Pour pouvoir faire des soins, il faut qu'on connaisse le patient, sa pathologie, explique Nicolas Schinkel de l'URPS infirmiers. Mais quand un patient sort de l'hôpital, on a une prescription médicale avec "bon pour pansements tous les jours", d'accord. Mais il a été opéré de quoi ?" Pour répondre aux interrogations, cet infirmier pourra contacter le médecin traitant ou, mieux, recevoir un appel de l'hôpital avant la sortie du patient.

"On aimerait bien que quand les patients sortent de l'hôpital, ils reviennent vers les professionnels de santé qu'ils connaissent"

Cette carte peut aussi permettre d'éviter des surprises selon Rodolphe Pourtier de l'URPS pharmaciens : "Bien souvent on découvre que notre patient a été appareillé d'un matériel que nous pouvions tout à fait lui fournir. Mais quelqu'un d'autre est passé à la sortie d'hospitalisation". Dans la ligne de mire des libéraux : les sociétés privées de service qui proposent des soins, en lien avec tel ou tel professionnel. Ces "intervenants" comme les nomme Dr Pourtier, interviennent depuis les hôpitaux ou les cliniques, une pratique interdits aux libéraux. Mais "puisque nous avons envoyé finalement les dossiers et nos patients à l'hôpital, on aimerait bien que quand ils sortent, ils reviennent vers les professionnels de santé qu'ils connaissent", déclare le pharmacien. Pour assurer la continuité des soins mais aussi conserver sa patientèle.