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Les masques chinois distribués au personnel du CHU de Rennes sont-ils fiables ?

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Par , France Bleu Armorique

Au CHU de Rennes, des masques chinois ont été distribués pour les soignants. Des membres du CHSCT se sont inquiété de leur fiabilité dès la mi-novembre. Sur les emballages, il est indiqué "non médical". La direction du CHU rétorque qu'il s'agit de masques commandés par l'Etat, répondant aux normes.

Les masques chinois de norme KN95 distribués au CHU de Rennes
Les masques chinois de norme KN95 distribués au CHU de Rennes © Radio France - Céline Guétaz

Au CHU de Rennes, des masques distribués par la direction ont suscité l'inquiétude des syndicats, dès la mi-novembre. Importés de Chine, ils portent la certification KN95, et non la certification européenne FFP2

Dès qu’ils ont été distribués dans plusieurs services de l'hôpital, le comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) a fait remonter à la direction que le personnel se plaignait de ces masques "mal adaptés au visage, des masques qui baillent sur les côtés, mais aussi au niveau du nez et du menton", explique Bertrand Audiger, aide-soignant au service Covid de l’hôpital, délégué SUD et membre du CHSCT. 

Mais surtout, ce qui inquiète le syndicaliste, c'est lorsqu'il découvre l'emballage de ces masques "avec la mention non-médical". Le CHSCT alerte alors la direction de l'hôpital : ce premier avertissement intervient le 10 novembre. 

Des masques provenant des stocks d'Etat

La direction explique que ces masques proviennent des stocks fournis par l’Etat. "En mars dernier, quand les hôpitaux craignaient de manquer de masques de norme européenne FFP2, l’Etat a commandé des masques en Chine. Il s’agissait de masques KN95", explique le professeur Pierre-Yves Donnio, responsable de l’unité d’hygiène au CHU de Rennes. 

Ces masques chinois étaient vendus sous deux normes, "médical" et "non médical ", mais "les autorités françaises ont validé les deux normes pour un usage dans le milieu hospitalier", explique le professeur. Le CHU indique qu’il n’est pas le seul établissement à les avoir utilisés. Les responsables de l'hôpital ajoutent qu'il n'est pas question pour eux de remettre en doute la fiabilité des masques fournis par les autorités françaises. "Nous avions en effet eu des retours sur leur mauvaise adhésion au visage de certains personnels", ajoute toutefois le professeur Donnio. 

Des masques retirés des services "par précaution et pour rassurer les agents"

Les syndicats, comme SUD ou la CGT constatent après leur nouvelle intervention au CHSCT le jeudi 3 décembre que les masques ont été retirés des services. "Ces masques ont provoqué un émoi chez les agents, et nous avions d’autres masques FFP2 en stock pour les remplacer, nous avons donc fait ce choix", explique le professeur Matthieu Revest, infectiologue au CHU de Rennes. 

"Il s’agit de rassurer les agents, mais ces masques n’ont pas été détruits. Ils pourront éventuellement être réutilisés à l’avenir", ajoute Pierre-Yves Donnio, responsable de l’unité d’hygiène au CHU de Rennes.

Faut-il faire le lien entre ces masques chinois et l’apparition d’un cluster au service de pneumologie ? 

Le syndicat SUD "s’interroge" sur le lien entre l’utilisation de ces masques chinois et l’apparition fin novembre d’un cluster au service de pneumologie. Trente-trois agents et une vingtaine de patients ont été testés positifs au Covid-19 dans le service. Des dépistages généralisés à tout le service ont été réalisés et une enquête a été ouverte. 

"Ce n’est pas le premier cluster à l’hôpital depuis le début de cette crise sanitaire et comme chaque fois il y a une enquête pour en comprendre les causes", explique le professeur Matthieu Revest. Selon lui, il est peu probable qu’il y ait un lien avec l’usage de ces masques chinois, "mais comme toutes les autres hypothèses, elle ne peut pas être écartée totalement". Le CHSCT a demandé une expertise indépendante sur la fiabilité de ces masques, "sur leur capacité de filtration et leur adaptation à tout type de morphologie". L’ARS de Bretagne a également été avisée par la direction du CHU de Rennes. 

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