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Santé – Sciences

Les médecins correspondants du SAMU du Haut-Diois refusent de pallier la fermeture de la maternité de Die

lundi 18 décembre 2017 à 21:36 - Mis à jour le mardi 19 décembre 2017 à 13:52 Par Florence Gotschaux, France Bleu Drôme Ardèche

Ces cinq généralistes ont diffusé un communiqué dans lequel ils expliquent qu'ils refusent "de faire partie du dispositif compensateur à la fermeture de la maternité de Die", prévue d'ici la fin du mois. Pour eux, la sécurité des femmes enceintes est en jeu.

La maternité de l'hôpital de Die ferme fin décembre 2017
La maternité de l'hôpital de Die ferme fin décembre 2017 © Radio France - Florence Gotschaux

Die, France

Les Médecins correspondants du Samu du Haut-Diois refusent d'être instrumentalisés dans ce dossier. La maternité de Die, la plus petite de France, doit fermer définitivement dans les tous prochains jours (fin décembre 2017). Mais les cinq généralistes correspondants SAMU du secteur ne veulent pas cautionner cette décision annoncée par la ministre de la santé et par l'Agence Régionale de Santé fin novembre.

Or l'ARS semble désormais compter sur eux pour gérer les accouchements en urgence qui auront lieu dans le Diois. C'est en tout cas ce qu'ils ont découvert dans la presse, "sans jamais avoir été consultés". "Il existe une contradiction flagrante entre le peu de considération qui nous a été portée et le rôle important qu'on entend faire jouer aux médecins correspondants SAMU du territoire" écrivent-ils dans leur communiqué diffusé ce lundi.

Nous déplorons profondément la fermeture de la maternité de Die

Ce communiqué est signé par les docteurs Myriam Bonjean installée à Luc-en-Diois, Jacques Chateau de Solaure-en-Diois, Gérard Gabard de Luc-en-Diois, Céline Gondouin qui exerce à Valdrôme et Dorothée Villerabel installée à Die. "Comment pouvons-nous, dans les conditions actuelles, apporter une meilleure prise en charge que celle d'une équipe spécialisée?" s'interrogent-ils, alors qu'ils affirment ne pas avoir bénéficié de formation spécifiques concernant les accouchements inopinés, les urgences obstétricales ou les troubles de l'adaptation à la vie extra-utérine.

La formation spécifique proposée aux correspondants du SAMU est de deux jours par an. Les généralistes y revoient comment intervenir en urgence sur un infarctus, une insuffisance cardiaque, un AVC... l'accouchement en urgence n'est qu'un des nombreux points abordés (quand il l'est) au milieu du reste.

Manque de disponibilité et temps d'interventions

Le Diois est un vaste territoire rappellent ces professionnels, peu nombreux pour mailler correctement le secteur. "Nous pouvons facilement mettre une demi-heure - trois-quart-d'heure à nous rendre sur le lieu d'une intervention. Après quoi, maintenant que la maternité de Die ferme, il faudra encore à la patiente sur le point d'accoucher une heure voire une heure et demi pour gagner la maternité de Montélimar, Valence ou Gap. Si quelque chose se passe mal, ces délais jouent contre la sécurité de la maman et de son bébé" explique l'une des médecins signataires. Sans compter que si le médecin correspondant SAMU est déjà en intervention ailleurs, ce délais s'allonge considérablement.

Ni avertis, ni spécifiquement formés, ni consentants

Les cinq médecins généralistes correspondants SAMU affirment que les conditions de la fermeture de la maternité de Die représentent un danger pour les patients du Diois et du Haut-Diois.

Ils ne veulent pas être la "caution sécurité" de la décision de fermeture de la plus petite maternité de France. Et se disent prêts à abandonner leur statut de relais du SAMU dans l'arrière-pays, pour dénoncer la situation.

"Nous refusons de faire partie d'un dispositif compensateur qui n'est qu'un pis-aller. Si ceci implique de nous sortions du réseau Médecins Correspondants SAMU, nous en tirerons les conséquences bien que nous le regrettions".

A ECOUTER : le coup de fil de l'actu de ce mardi matin, au Dr Céline Gondouin.