Santé – Sciences DOSSIER : Dépakine : l’antiépileptique accusé de provoquer des malformations chez le fœtus

Les parents de victimes de la Dépakine satisfaits de l'ouverture d'une information judiciaire

Par Olivier Vidal, France Bleu Pays d'Auvergne lundi 26 septembre 2016 à 6:00

La dépakine, prescrite pour traiter l'épilepsie
La dépakine, prescrite pour traiter l'épilepsie © Maxppp - CAROLINE BLUMBERG

Une information judiciaire a été ouverte sur le scandale autour de la Dépakine par le parquet de Paris. La Dépakine, cet antiépileptique prescrit à des femmes enceintes malgré les risques pour le foetus. Un couple de Beaumont (Puy-de-Dôme) témoigne.

L'instruction est ouverte pour "tromperie sur les risques inhérents à l'utilisation du produit et les précautions à prendre ayant eu pour conséquence de rendre son utilisation dangereuse pour la santé de l'être humain", ou tromperie aggravée, et blessures involontaires, a précisé la source judiciaire. Les investigations porteront sur la période de 1990 à avril 2015.

Emilie, une Beaumontoise de 47 ans, est traitée pour l'épilepsie, elle, depuis 1985. En 2010, elle accouche d'une petite Aline. Depuis, l'état de santé de sa fille ne fait que de se dégrader. Le quotidien d'Emilie et de son conjoint Pierre est rythmé par les visites chez les médecins spécialistes pour aider la fillette à grandir dans les meilleures conditions possibles.

Aujourd'hui ce couple d'Auvergnats se dit satisfait de l'ouverture d'une information judiciaire. Emilie et Pierre reprochent au corps médical de ne pas les avoir avertis des risques de prendre de la Dépakine lors d'une grossesse.

12 000 enfants concernés

Plus de 12.000 enfants en France pourraient souffrir de ces séquelles. La molécule en cause, le valproate de sodium, est considérée comme un médicament de référence, incontournable pour certains patients atteints d'épilepsie. Lorsqu'une femme enceinte prend ce médicament, son enfant présente un risque élevé - de l'ordre de 10% - de malformations congénitales. La petite Aline souffre de troubles aux yeux, d'une double scoliose au dos et présente un "faciès de Dépakine",  une lèvre supérieure fine, des yeux écartés, un front bombé.

Le couple attend maintenant avec impatience les conclusions de cette information judiciaire.