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Économie – Social

Les "perchés" de l'hôpital psychiatrique du Havre plus que jamais déterminés

mercredi 4 juillet 2018 à 11:41 Par Christine Wurtz, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Sept grévistes de l'hôpital Pierre Janet du Havre campent sur le toit de l'établissement psychiatrique depuis le 26 juin. Ils dénoncent les conditions de prise en charge des patients, réclament des postes supplémentaires, mais surtout la visite de la directrice de l'Agence Régionale de Santé.

Les sept grévistes vivent sur le toit de l'hôpital nuit et jour depuis plus d'une semaine
Les sept grévistes vivent sur le toit de l'hôpital nuit et jour depuis plus d'une semaine © Radio France - Christine Wurtz

Le Havre, France

Leur combat a pris une autre tournure depuis un peu plus d'une semaine. Sept grévistes de l'hôpital psychiatrique Pierre Janet du Havre en lutte depuis la mi-juin se sont installés sur le toit de l'unité d'accueil de leur établissement, le 26 juin dernier. Depuis, "les perchés", comme ils se sont rapidement baptisés, n'en descendent plus, dorment sous des tentes et sont ravitaillés régulièrement par les "perchés du bas". Là-haut, il y a cinq femmes et deux hommes, infirmiers et aide-soignants à Pierre Janet comme Sylvia : 

On demande juste à pouvoir travailler dans la bientraitance et la bienveillance, c'est tout. On est là pour les patients, on n'est pas là pour nous.

"les perchés" dorment sous la tente sur le toit depuis le 26 juin. - Radio France
"les perchés" dorment sous la tente sur le toit depuis le 26 juin. © Radio France - Christine Wurtz

Les matelas par terre, les patients entassés à deux ou trois dans les chambres ou dans la salle de télé, sédatés parce que les soignants n'ont plus le temps de leur consacrer du temps, les urgences prévues pour cinq patients et qui en accueillent trois fois plus, le personnel n'en peut plus. Ce mardi, les grévistes ont reçu la visite du député la France Insoumise de la Somme, François Ruffin qui soutient également le personnel de l'hôpital Philippe Pinel d'Amiens, qui craque aussi. François Ruffin a d'ailleurs écrit un livre sur le sujet l'an dernier "Un député... à l'hôpital psychiatrique" et a déposé deux propositions de loi pour défendre la psychiatrie. Carnet et stylo à la main, il a visité les urgences de Pierre Janet. 

On est dans l'indécence mais ce n'est pas moi qui devrait faire cette visite, c'est la directrice de l'Agence régionale de santé, c'est aux bureaucrates, aux technocrates qui prennent ces décisions. Ils doivent se confronter à leurs décisions, aux conséquences de leurs décisions. 

Le député de la Somme François Ruffin est venu rencontrer "les perchés". - Radio France
Le député de la Somme François Ruffin est venu rencontrer "les perchés". © Radio France - Christine Wurtz

Il faudrait 50 postes supplémentaires et l'ouverture de 35 lits pour assurer correctement la prise en charge des patients de l'hôpital selon l'intersyndicale, mais l'ARS fait la sourde oreille, et la directrice, dont ils réclament la visite depuis une semaine n'a toujours pas mis les pieds au Havre. 

Janet, c'est pire qu'au Rouvray.

Portés par la victoire de leurs collègues de l'hôpital du Rouvray, qui ont obtenu la création de 30 postes après trois semaines de grève de la faim, "les perchés" ne désarment pas malgré la fatigue et la chaleur écrasante de ce début juillet. Cinq des sept grévistes du Rouvray ont d'ailleurs fait le déplacement au Havre pour les soutenir, dont Marc-Alexandre : "On nous a souvent dit qu'on n'était pas les pires au Rouvray, mais c'est pas faux. Janet, c'est pire qu'au Rouvray, les patients sont encore moins bien traités. Les portes qui ont pu se débloquer au Rouvray, on voit qu'il faut encore les forcer. Alors tant qu'il faudra encore déverrouiller ces portes et bien on sera là."

Le député François Ruffin a promis de son côté de reprendre la bataille parlementaire à l'automne, dans le cadre de la prochaine loi sur le financement de la sécurité sociale.

Lionel est infirmier psychiatrique à Pierre Janet depuis 30 ans.