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Santé - Sciences

Noël : les piles "bouton" peuvent représenter un danger mortel pour les jeunes enfants

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Par , France Bleu Nord, France Bleu, France Bleu Picardie

Le CHU de Lille et l'Agence régionale de Santé (ARS) des Hauts-de-France mettent en garde contre les dangers que représentent les piles "boutons"chez les jeunes enfants. Les cas de complications graves à la suite d'ingestion se sont multipliés ces quatre dernières années.

Les piles "boutons" représentent un grave danger pour les jeunes enfants
Les piles "boutons" représentent un grave danger pour les jeunes enfants © Maxppp - Bruno Campels

Nord-Pas-de-Calais, France

Méfiez-vous des piles "boutons" préviennent l'Agence régionale de Santé (ARS) des Hauts-de-France et le CHU de Lille. Ces petites piles plates sont de plus en plus répandues dans nos objets du quotidien : les montres, les télécommandes de voitures, les guirlandes lumineuses de Noël ou encore dans les jouets pour enfant.

En cette période de fête de fin d'année, il est donc primordial de redoubler de vigilance car les enfants peuvent y être particulièrement exposés et les conséquences peuvent être très graves prévient le docteur Estelle Aubry, chirurgien-pédiatre à l'hôpital Jeanne de Flandre à Lille (Nord). "Le risque est que la pile reste coincée dans l’œsophage de l'enfant (le plus souvent entre 1 et 6 ans) et au contact de cette zone humide se mette en route elle-même". Cette réaction chimique entraîne une brûlure, "c'est comme si on produisait de l'eau de javel à l'intérieur du corps" poursuit Estelle Aubry.

Une brûlure qui se propage même après le retrait de la pile

Le problème c'est que la pile se dégrade en même temps et par conséquent le lithium contenu à l'intérieur se répand dans l'organisme. Par ailleurs, le temps joue contre le patient puisque plus la pile reste dans le corps, plus elle se dégrade, plus la brûlure s'auto-alimente. "Si on passe un délai qu'on évalue à 4 heures mais qu'on ne connaît pas bien, _la brûlure s'auto-entretient même si vous retirez la pile_. Il se peut donc que même si l’œsophage arrive cicatriser, l'aorte puisse être brûlée" explique encore la chirurgienne. Si c'est le cas et que l'aorte est touchée, la situation est beaucoup plus critique et peut être mortelle.

Quatre cas en moins d'un mois à Lille

Estelle Aubry s'inquiète de voir la multiplication des cas d'ingestion par de jeunes enfants de ces piles "boutons". Elle en a compté quatre en moins d'un mois. En 2012, il n'yen avait pas quatre par an, estime-t-elle.

Le ministère de la santé a comptabilisé pour sa part six décès (dont cinq jeunes enfants) en France entre 1999 et 2018 et 51 cas graves sur cette période. En 2019, 1 200 patients sont passés aux urgences pour des cas d'ingestion ou de suspicion d'ingestion.

Des parents du Pas-de-Calais fondent une association après la mort de leur fils

A l'hôpital Jeanne de Flandre, le docteur Aubry a perdu deux de ces jeunes patients des suites de brûlures dues à l'ingestion d'une pile bouton. Une petite fille en 2015 et un petit garçon, Loëvann, l'an dernier, en 2018.

A la suite du décès de leur fils, les parents de Loëvann, qui vivent à Polincove (Pas-de-Calais) ont décidé de monter une association pour alerter sur les dangers des piles "boutons" et sensibiliser les autres parents à ce problème. "Nous on a tout perdu", explique Florian Gougeon, le papa, "et on fait tout pour que cela ne se reproduise pas". Mais il y a trop de piles "boutons" regrette-t-il. "Dans les jouets, les guirlandes, les veilleuses... On veut acheter des jouets pour faire plaisir à nos enfants, pas pour les mettre en danger" s'insurge ce père de deux garçons de cinq et deux ans. "Il y a encore des choses à faire pour la protection" conclut-il.

Des piles au goût amer en 2020

Pour faire face à ce problème, le fabricant de pile Duracell a décidé de lancer en 2020 une gamme de piles "bouton" enrobées de benzoate de dénatonium, une substance particulièrement amère déjà utilisée par des fabricants de produits ménagers ou de cosmétiques pour dégoûter les enfants de les porter à leur bouche sans pour autant les intoxiquer. "Pourquoi pas ?" répond le docteur Estelle Aubry. "Au moins, cela fera parler du problème" même si elle s'inquiète du prix que ce piles pourraient coûter et qui pourraient refréner certains consommateurs.

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