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Santé – Sciences

Les premiers assistants médicaux en cours de recrutement dans l'Eure

Assistant médical, c'est un nouveau métier. Il doit permettre de dégager du temps pour que les médecins voient plus de patients en confiant à leur assistant des tâches paramédicales ou administratives, comme la prise de rendez-vous auprès de spécialistes. Une médecin de Louviers a déjà recruté.

Stéphane Holé, le directeur de la CPAM de l'Eure, et ses collaborateurs présentent cette semaine le dispositif "Assistant médical" aux médecins du département
Stéphane Holé, le directeur de la CPAM de l'Eure, et ses collaborateurs présentent cette semaine le dispositif "Assistant médical" aux médecins du département © Radio France - Laurent Philippot

Eure, France

Le dispositif se met seulement en place mais ils sont déjà une demi-douzaine de médecins dans l'Eure à vouloir recruter un assistant médical. Le déploiement des assistants médicaux doit répondre à un triple objectif : favoriser un meilleur accès aux soins aux patients, assurer de meilleures conditions d'exercice et rechercher davantage d'efficience.  "Aujourd'hui on est dans une situation médicale tendue" constate Laure Lefebvre, médecin généraliste à Louviers, "l'offre n'est pas suffisante aux besoins". Elle a donc décidé, avec ses deux confrères du cabinet, de recruter une assistante médicale. Elle est déjà arrivée le 7 octobre, reste à signer le contrat avec la Caisse primaire d'assurance maladie de l'Eure. La CPAM finance, en partie ou en totalité,  le poste, jusqu'à 36.000, sous conditions.  "Actuellement, je n'ai pas de moyens pour financer ce poste-là, si ce n'est que de prendre sur nos revenus propres puisqu'on va le partager" souligne Laure Lefebvre, ravie de ce coup de pouce. 

Un assistant médical, pour quoi faire ? 

L'assistant médical ne remplace pas la secrétaire médicale et ne se substitue pas au médecin, il l'aide ou le remplace dans certaines tâches non médicales. " Il va pouvoir s'occuper de tout ce qui est tâches administratives, mais aussi l'assister dans la consultation en prenant le temps d'écouter le patient ou en l'aidant pour se déshabiller" explique Gwenaëlle Empis, responsable du service Conventions et maîtrise médicalisée à la CPAM de l'Eure.

L'assistant pourra prendre contact avec des spécialistes de second recours ou avec l'hôpital" Gwenaëlle Empis, CPAM de l'Eure

Laure Lefebvre y voit un gain de temps... et d'argent : "on perd énormément de temps à gérer des retours de facturation, à prendre du temps pour appeler un spécialiste pour prendre un rendez-vous pour quelqu'un , on n'a pas besoin d'un médecin pour faire ça" avance la présidente de MG France en Normandie, un des trois syndicats avec la Confédération des  syndicats médicaux français (CSMF) et le Syndicat des médecins libéraux  (SML), à avoir signé en juin dernier avec l'Assurance maladie l'avenant qui permet le recrutement des assistants médicaux dans le cadre du dispositif Ma santé 2022. "C'est une mission nouvelle" abonde le directeur de la CPAM de l'Eure. Une mission qui peut être remplie par la secrétaire médicale (la profession est essentiellement féminine) du médecin. Mais dans ce cas-là, le médecin doit s'engager à embaucher une nouvelle secrétaire dans les six mois qui suivent le recrutement de l'assistant. Les assistants médicaux seront formés, même si, à l'heure actuelle, le détail de la formation n'est pas encore connu. 

"On peut avoir des profils médicaux ou paramédicaux, type infirmière, ou des profils administratifs, type secrétaire" - Stéphane Holé, directeur de la CPAM de l'Eure

Chaque médecin décide des tâches qu'il veut confier à son assistant médical. 

Dégager du temps médical pour les médecins

Dans son cabinet de Louviers, Laure Lefebvre voit environ 1.000 patients différents par an, "j'ai encore une marge de manoeuvre" reconnaît-elle, "je pourrais encore augmenter mon temps de travail, à condition de ne pas avoir à faire toutes les choses que je fais aujourd'hui dans la gestion du cabinet".

Le planning du docteur Lefebvre est déjà bien rempli. Elle espère que le recrutement d'une assistante médicale va lui permettre de voir plus de patients. - Radio France
Le planning du docteur Lefebvre est déjà bien rempli. Elle espère que le recrutement d'une assistante médicale va lui permettre de voir plus de patients. © Radio France - Laurent Philippot

"_Décharger le médecin de tâches administratives ou paramédicales_-préparer le patient ou faire quelques relevés de données médicales", c'est justement le but de ce nouveau dispositif explique le directeur de la Caisse primaire d'assurance maladie de l'Eure, "ça doit permettre de dégager du temps médical et accroître le nombre de patients que le médecin pourra voir" détaille Stéphane Holé. 

L'idée, c'est d'augmenter le temps de travail en contact avec le patient" - Laure Lefebvre, médecin généraliste

Un assistant médical, pour qui et où ? 

19 spécialités de médecine sont éligibles à ce dispositif sur toute la France et même un peu plus dans l'Eure, qui fait partie des départements les plus en tension en termes de démographie médicale. Les anesthésistes, les radiologues et les néphrologues sont rajoutés à la liste nationale.  "Il y a plusieurs conditions pour être éligible à ce dispositif" détaille Gwenaëlle Empis comme "exercer un secteur 1 ou secteur 2 (dans ce cas, le médecin s'engage à maîtriser ses dépassements d'honoraires) , avoir un mininum de patientèle médecin traitant (au mois 640 patients), travailler en groupe avec au moins un autre médecin généraliste et s'engager à travailler de manière coordonnée dans les deux années qui suivent", par exemple dans le cadre d'une maison de santé pluridisciplinaire. C'est le cas du docteur Lefebvre, qui, en novembre s'installera dans de nouveaux locaux à Louviers. L'arrivée d'un quatrième médecin est prévue en janvier, voire un cinquième et l'embauche éventuelle d'un second assistant médical.  

Dernières finitions pour les locaux du docteur Lefebvre et de ses confères, à côté du centre des finances publiques de Louviers. Ils espèrent que tout sera prêt pour le 4 novembre. - Radio France
Dernières finitions pour les locaux du docteur Lefebvre et de ses confères, à côté du centre des finances publiques de Louviers. Ils espèrent que tout sera prêt pour le 4 novembre. © Radio France - Laurent Philippot

Avec cette optimisation du temps médical, le médecin s'engage à augmenter sa patientèle médecin traitant ou sa file active, progressivement, ou au pire, à la maintenir. 

L'Agence régionale de santé a classé zones d'intervention prioritaire (en orange) 20 des 37 zones du département de l'Eure - Radio France
L'Agence régionale de santé a classé zones d'intervention prioritaire (en orange) 20 des 37 zones du département de l'Eure © Radio France - Laurent Philippot

L'Agence régionale de santé a découpé le département de l'Eure en zones. 20 zones sur 37 dans l'Eure sont des zones d'intervention prioritaire. "Dans ces zones-là, les médecins vont pouvoir bénéficier d'un assistant médical à temps plein" explique Antoine Delangle du service Conventions et maîtrise médicalisée de la CPAM de l'Eure "sans exercer de manière regroupée". Une façon de tenter de répondre à une démographie médicale déficitaire. Le département est en effet confronté à une difficile équation, moins de médecins et plus de patients. L'Eure gagne des habitants et 14 médecins généralistes n'ont pas été remplacés en un an.

Un assistant médical : pour quoi faire ? Le reportage de Laurent Philippot

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