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Dossier : L'environnement : un enjeu électoral 2017

Les riverains de l'incinérateur de Lunel-Viel demandent des études approfondies sur les risques sanitaires

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Par , France Bleu Hérault
Lunel-Viel, France

A Lunel-Viel dans l'Hérault, des habitants et médecins demandent des enquêtes poussées sur les dangers de l'incinérateur pour la santé et notamment sur les risques de cancer. Ils ont été reçus ce lundi à l'Agence régionale de santé pour exprimer leurs craintes.

L'incinérateur de Lunel Viel traite 120.000 tonnes de déchets par an.
L'incinérateur de Lunel Viel traite 120.000 tonnes de déchets par an. © Maxppp -

Ils l'ont attendu des semaines ce rendez-vous. Les opposants à l'incinérateur de Lunel-Viel (Hérault) étaient reçus ce lundi à l'Agence régionale de santé pour discuter des risques du site pour l'environnement et la santé.

Ils sont représentants de riverains, membres d'associations environnementales, appuyés dans leur combat par des médecins experts tel que Charles Sultan, spécialiste des perturbateurs endocriniens.

Depuis des années, ils dénoncent les dangers des rejets de l'usine pour les habitants. Une enquête actualisée l'an dernier, le registre des cancers et tumeurs, montre une recrudescence de certains types de cancers, mais sans démontrer le lien de cause à effet.

"On voulait savoir s'il y avait une surapparition de nouveaux cancers sur cette région" explique Francis Glémet, président de l'AMIES, Association des Médecins pour l'Environnement et la Santé publique.

A défaut d'une enquête épidémiologique, trop coûteuse et pas forcément concluante, le collectif propose une étude "participative" qui "permettra à travers un questionnaire de voir s'il y a dans l'apparition des pathologies un lien avec l'incinérateur. Ce sont des méthodes qui permettent de sensibiliser les décideurs politiques et les personnes qui sont sous les fumées de l'incinérateur".

"Il y a sur certaines zones des taux de cancer anormalement élevés". Francis Glémet, président de l'Amies.

"Dans ma famille j'ai trois cancers. Nous sommes riverains de l'incinérateur. Donc tout le monde s'interroge "

Adrien Riff se bat contre l'incinérateur depuis presque 20 ans. Il a monté l'association "Lunel-Viel veut vivre", dès l'annonce du projet, avant 1999. "Dans ma famille, j'ai trois cancers. Ma femme a un cancer dans le poumon droit, un dans le poumon gauche, et j'ai un fils aussi qui est atteint d'un cancer.

Nous sommes riverains de l'incinérateur. Mon épouse n'a jamais fumé, ça n'aurait jamais dû lui tomber dessus. Je me bats pour que cette machine infernale à polluer sorte de notre horizon". Il espère la fermeture d'au moins un four d'ici trois ans pour réduire les rejets.

Adrien Riff, habitant de Lunel-Viel. Sa femme et son fils sont atteints de cancer du poumon.
Adrien Riff, habitant de Lunel-Viel. Sa femme et son fils sont atteints de cancer du poumon. © Radio France - Marie Ciavatti

"Je me bats pour que cette machine infernale à polluer sorte de notre horizon". Adrien Riff, opposant à l'incinérateur

A défaut d'établir précisément le lien entre cancer et incinérateur, ces opposants prônent le principe de précaution. Mariette Gerber est cancérologue, longtemps médecin à Val d'Aurelle à Montpellier, spécialiste en évaluation du risque. Elle a notamment travaillé sur les liens entre les incinérateurs de Sète et de Perpignan et le cancer du sein. Elle conseille aujourd'hui les associations de Lunel-Viel.

"Si l'on ne veut pas évaluer le risque, on applique le principe de précaution".

Le registre des tumeurs et cancers n'est pas alarmiste mais il interroge dit-elle. "On retrouve les mêmes types de cancer qu'autour d'autres incinérateurs. Il y a des données qui posent question. On ne peut dire qu'elles sont inquiétantes. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas du tout de risque. Il faut évaluer ce risque. Si on ne veut pas l'évaluer, on applique le principe de précaution. L'Ademe (l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) d'ailleurs mène une campagne pour diminuer le nombre d'incinérateurs. Pourquoi?".

Mariette Gerber, épidémiologiste spécialiste en évaluation des risques

L'incinérateur de Lunel-Viel
L'incinérateur de Lunel-Viel © Radio France - Marie Ciavatti

Un argument repris par le premier adjoint au maire de Lunel-Viel, Fabrice Fenoy, seul élu présent à la réunion avec l'ARS ce lundi. Partisan lui aussi de ce principe de précaution. Il regrette le manque d'information à disposition des élus sur des sujets aussi sensibles. "On a besoin de l'éclairage de spécialistes pour prendre certaines décisions. Et il faut sensibiliser aussi la population, organiser plus de réunions publiques".

Relocaliser le tri et le traitement des déchets

Aujourd'hui l'incinérateur avale 120.000 tonnes de déchets par an. L'idée de ce prof d'histoire géo est réduire la pollution à la source et de fermer un premier four d'ici 3 ans, mesure synonyme de diminution des rejets. "Il faut inventer des solutions". Comme relocaliser le tri et le traitement des déchets, remplacer peu à peu l'incinérateur par de petites unités de méthanisation ou de compost.

Pour cela, les collectivités ont une fenêtre possible en 2019, date de la fin du remboursement de l'incinérateur. Avec cet emprunt en moins, le coût du traitement à la tonne, 124 euros aujourd'hui, sera divisé par deux selon Fabrice Fenoy. C'est également à cette date que doit être renouvelée la délégation de service public et donc repensé la politique d'élimination des déchets.

Fabrice Fenoy était l'invité de France Bleu Hérault mercredi.

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