Santé – Sciences

Les Roz'Eskel : le sport pour lutter contre le cancer du sein

Par Romain Pouzin Roux, France Bleu Armorique lundi 3 octobre 2016 à 6:00

Les séances de Dragon Boat durent environ une heure.
Les séances de Dragon Boat durent environ une heure. © Radio France - Romain Pouzin Roux

A l'occasion d'octobre rose, le mois consacré à la sensibilisation au cancer du sein, France Bleu Armorique a rencontré les Roz'Eskell, un groupe de 37 femmes qui embarquent toutes les semaines à bord d'un "Dragon Boat" et s'arment de leur pagaie pour lutter contre la maladie.

"Quand j'étais petite, je voyais les bateaux sur la Vilaine et je rêvais d'en faire. Il a fallu que j'ai le cancer pour que je m'y mette." Francine est septuagénaire et, deux fois par semaines, elle fait 70 kilomètres pour venir ramer avec ses amies à Cesson-Sévigné, près de Rennes. Les Roz'Eskell sont 37 au total. Toutes sont ou ont été atteintes d'un cancer du sein. Plusieurs fois par semaines, elles s'arment d'une pagaie et montent un bord d'un Dragon Boat, sorte d'aviron asiatique, pour combattre la maladie.

L'efficacité du sport pour lutter contre le cancer du sein est désormais un fait reconnu. Il permet de lutter contre les effets secondaires de la chimiothérapie et de réduire les risques de récidive. Le mouvement de pagaie a cette particularité supplémentaire d'aider à éliminer les toxines qui s'accumulent sous l'aisselle après l'ablation du sein.

Pour combattre le cancer, le sport... et le rire !

C'est donc tout logiquement que depuis 2013, les Roz'Eskell ont décidé de former un équipage. Tout au long de leur trajet d'une heure au fil de l'eau, il est rarement question de la maladie. "On est pas là pour ça", explique Claudine, présente depuis le début.

"Forcément, on fait toutes attention les unes aux autres, mais on est ici d'abord pour faire du sport et surtout pour rigoler."

Il faut dire qu'elles en ont souvent l'occasion. Avec leur T-Shirt rose, leurs chansons et le tambour qui bat la cadence, elles ne passent pas inaperçues depuis les quais de la rivière. "Un jour, nous avons vu un homme en slip qui nous regardait, médusé, depuis son balcon. On lui a dit que la prochaine fois, le slip avait intérêt à être rose!" rigole encore Claudine.

Nouveau défi : la Chine !

Des moments bien utiles pour sortir du quotidien de malade, marqué par la fatigue lié aux traitements et par l'angoisse de la récidive, lorsqu'elles ont réussi à faire reculer le cancer. Forcément, le spectre de la maladie plane toujours, même s'il n'en est pas toujours question dans les conversations. En trois ans d'existence, deux membres des Roz'Eskell sont décédées. "Elles sont toujours là et on pense à elle", confie Sylviane.

L'année dernière, les Roz'Eskell ont participé à la Vogalonga de Venise, un randonnée de bateaux organisée tous les ans sur les canaux de la ville. "Il y a eu un avant et un après", raconte Géraldine Giboire, vice-présidente de l'association Cancer et activité physique et elle-même membre de l'équipe.

"Quand nous sommes arrivées au pont Rialto, j'ai vu que j'étais encore capable de faire quelque chose dans ma vie et ça a tout changé".

Pendant tout le mois d'octobre rose, les Roz'Eskell vont s'atteler à lever des fonds pour financer leur prochain défi. L'année prochaine, elles iraient bien en Chine, le pays d'où est originaire le Dragon Boat, montrer de quoi elles sont capables.

Partager sur :