Santé – Sciences

Le "petit oui" des salariés de la polyclinique d'Aire-sur-l'Adour au projet du repreneur Clinifutur

Par Leila Benjelloun et Frédéric Denis, France Bleu Gascogne jeudi 22 octobre 2015 à 19:58

3è référendum des salariés ce jeudi à la polyclinique
3è référendum des salariés ce jeudi à la polyclinique © Radio France - Frédéric Denis

Pour la troisième fois en trois semaines, les salariés de la polyclinique d'Aire-sur-l'Adour étaient appelés à se prononcer ce jeudi 22 octobre sur le projet de reprise du groupe Clinifutur qui prévoit de rogner sur certains acquis sociaux. Le "Oui" l'a emporté d'une courte tête.

69 "oui", 65 "non" et 3 abstentions :  les salariés de la polyclinique d'Aire-sur-l'Adour ont accepté le gel de leur treizième mois mais aussi d'une augmentation salariale de 2% obtenus l'année dernière après dix jours de grève. Ce sont les conditions posées par le groupe réunionnais Clinifutur dans son projet de reprise de l'établissement.

4,8 millions d'euros de déficit

La polyclinique les Chênes accuse un déficit de près de 4,8 millions d'euros. L'établissement est au bord du dépôt de bilan. Son PDG, Philippe Libier, s'était d'ailleurs rendu, début octobre, au tribunal de commerce de Mont de Marsan pour déposer le bilan. Le président du tribunal a souhaité laisser encore quelques semaines au projet de reprise pour aboutir. Consultés trois fois , les salariés ont finalement dit "oui" à la reprise lors des deux derniers votes. Cependant, il faut la signature du syndicat Sud pour que le projet de reprise soit validé. Pour l'instant, le syndicat refuse de s'engager tant qu'il n'a pas l'assurance que tous les avantages sociaux seront conservés. La déléguée Sud Santé de la polyclinique a d'ailleurs porté plainte pour injures dénonçant "une cabale" menée contre elle.

Retour à la case départ

Dans un communiqué de presse, la direction de la polyclinique parle d'"un vote de confiance" envers le repreneur potentiel et espère que cela permettra de faire évoluer la position du syndicat Sud. "Ils sont obligés de négocier. On leur demande de le faire sur des bases raisonnables" a confié le secrétaire départemental de Sud à France Bleu Gascogne. Autrement dit, la situation n'a toujours pas évolué. Après ce troisième vote, la direction, le repreneur, les syndicats et les salariés en sont toujours au même point. Clinifutur ne veut pas reprendre la clinique si la précédente direction n'a pas négocié le gel des acquis sociaux. Sud, le syndicat majoritaire, refuse d'y renoncer et il est dans son droit.

Que peut-il se passer ?

Pour l'heure, si Clinifutur veut reprendre la polyclinique, il est obligé de conserver tous les acquis sociaux des salariés : 13eme mois et augmentation salariale. Le groupe réunionnais pourra ensuite revenir dessus mais il devra attendre quinze mois, c'est la loi. Dans ce laps de temps, un nouvel accord collectif peut être négocié avec les syndicats Sud et CGT.

Le polyclinique Les Chênes enregistre 90 000 passages de patients par an. Ils sont 6 sur 10 à vivre dans le Gers.