Santé – Sciences

Les soins dentaires ne sont pas suffisamment remboursés selon la Cour des comptes

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 20 septembre 2016 à 11:05

La participation de la Sécurité sociale aux frais dentaires est passée de 36% à 33% entre 2006 et 2014
La participation de la Sécurité sociale aux frais dentaires est passée de 36% à 33% entre 2006 et 2014 © Maxppp - SYLVIE CAMBON

Près d'un assuré sur cinq déclare avoir renoncé à des soins dentaires pour des raisons financières, s'inquiète mardi la Cour des comptes qui préconise un meilleur remboursement par l'Assurance maladie.

Les Français sacrifient leur dentition par manque d'argent, selon la Cour des comptes. Dans un rapport publié mardi, elle affirme que 20% des assurés ont déjà renoncé à aller chez le dentiste pour raison financière, et demande à l'État de se saisir du sujet, en remboursant mieux ces soins et en encadrant davantage la profession de dentiste.

"Fortes inégalités d'accès aux soins"

L'Assurance maladie a une place "minoritaire et déclinante" dans les financements des dépenses de soins bucco-dentaires, relève la Cour des comptes. Sa participation est passée de 36% à 33% entre 2006 et 2014, les organismes complémentaires, premiers financeurs prenant en charge 39% des dépenses en 2014 et les assurés sociaux 25%. Cette part des assurés sociaux, quoique stable depuis 2008, représente un reste à charge "conséquent" qui provoque de "fortes inégalités d'accès aux soins en fonction des revenus". Les soins dentaires concentrent à eux seuls près de la moitié des renoncements aux soins, ce qui n'est pas sans conséquence sur l'état sanitaire "médiocre" de la population française comparé aux voisins européens, relèvent-ils.

Tarifs en hausse et pratiques abusives, voire illicites

A deux jours de l'ouverture des négociations entre les chirurgiens-dentistes et l'Assurance maladie, la Cour des comptes dénonce "la faiblesse persistante" des pouvoirs publics et de l'Assurance maladie face aux professionnels de santé qui ont présenté des contreparties "nettement insuffisantes" aux "importantes revalorisations tarifaires" lors des précédentes négociations.

Le rapport invite également à mettre en place un dispositif pour détecter les facturations atypiques et sanctionner leurs auteurs. "Les comportements abusifs parfois illicites (...) comme les dépassements sur des actes de soins conservateurs sont répandus, mais les contrôles peu fréquents et les sanctions très rares", déplore le rapport.