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Santé – Sciences

Journée nationale du don d'organes : "il faut en parler pour que les proches connaissent notre volonté"

jeudi 21 juin 2018 à 18:26 Par Théo Hetsch, France Bleu Pays Basque

Pour la première fois, la barre des 6 000 greffes a été dépassée l'an dernier en France. Une série d'actions de sensibilisations sont organisées partout dans les régions ce vendredi 22 juin. L'occasion de parler de ce sujet encore tabou pour beaucoup.

Aurélien Louseau, infirmier, fait partie de l'équipe de sept personnes dédiées au prélèvement d'organes à l'hôpital de Bayonne
Aurélien Louseau, infirmier, fait partie de l'équipe de sept personnes dédiées au prélèvement d'organes à l'hôpital de Bayonne © Radio France - Théo Hetsch

Bayonne, France

Aurélien Louseau, infirmier, feuillette d'un œil ému les lettres de remerciement reçue par l'équipe de la coordination du centre hospitalier de Bayonne. Des patients sauvés grâce à la greffe, mais aussi des lettres de familles de donneurs : "pour moi c'est une grande joie de savoir que des personnes puissent continuer à vivre, écrit par exemple une femme dont la meilleure amie, décédée brutalement, a donné ses organes, je les imagine chaque matin continuer à cueillir l'instant et vivre le présent". Des lettres comme celles-ci, l'équipe de sept personnes en reçoit fréquemment. "Cela aide les proches, non pas à palier la douleur, mais à donner un sens à la mort, à la rendre plus supportable", explique l'infirmier.

36 patients sauvés grâce à des organes prélevés à Bayonne

L'an dernier, 11 patients décédés à l'hôpital de Bayonne ont donné un ou plusieurs organes, permettant à 36 malades d'en bénéficier. Mais avant cela, c'est une sacré course contre la montre, explique le docteur Pascal Mathieu : "nos infirmières prennent rapidement contact avec la famille et vérifient la possibilité d'un refus, puisqu'il y a désormais un registre national du refus, explique le médecin, on vérifie aussi les éventuelles pathologies qui empêcheraient une greffe et en six heures environ, on a tout vérifié : la greffe peut commencer".

Il faut alors aller très vite : "une fois l'organe extrait du corps, il ne va pas vivre longtemps" raconte Pascal Mathieu : quatre heures seulement pour le cœur, un peu plus pour le foie et jusqu'à douze heures pour les reins. "On met ensuite en alerte l'aéroport pour que l'organe puisse partir le plus vite possible pour être donnée au receveur" poursuit le médecin.

L'exemple d'un jeune de 20 ans qui a sauvé six personnes, raconté par le docteur Pascal Mathieu

Encore un tiers de refus

Mais dans un tiers des cas, tout cela n'a pas lieu. 30% des familles refusent qu'on enlève des organes à leur proche décédé. Et souvent parce qu'ils ne connaissent pas sa volonté. Il faut donc en parler, insiste Béatice Irondy, présidente de l'association pour le Don d'Organes et de Tissus Humains dans le département : "c'est très bien de dire qu'on est tous des donneurs potentiels, mais dans les faits, ce n'est pas vrai, explique cette infirmière de formation, il faut donc en parler en famille pour que les proches connaissent notre volonté".

Car s'il y a des progrès, le manque est encore criant : 6 000 greffes, c’est bien, mais il en faudrait quatre fois plus ! 23 000 personnes attendent toujours un organe.

Un stand d'information est installé ce vendredi de 10h à 16h au centre commercial BAB2 à Anglet, ainsi qu'au centre hospitalier. Vous pourrez ainsi discuter avec l'équipe de coordination de l'hôpital.