Insolite

Les spermatozoïdes in vitro, remède contre l'infertilité masculine ?

Par Samanta E. Eyoum, France Bleu vendredi 18 septembre 2015 à 12:36

© Max PPP

Ce jeudi, des chercheurs lyonnais ont affirmé avoir réussi à créer des spermatozoïdes in vitro à partir de cellules souches testiculaires. Une première mondiale qui redonne espoir dans la recherche contre l'infertilité chez l'homme.

Financés par la société française de biotechnologie Kallistem, des chercheurs lyonnais affirment ce jeudi avoir réussi à créer pour la première fois au monde des spermatozoïdes humain in vitro à partir de cellules souches testiculaires. 

Prouesse scientifique

Spécialiste de la reproduction masculine l'équipe de chercheurs travaillait sur cette problématique depuis près de vingt ans. Une persévérance qui a fini par payer puisqu'ils ont enfin réussi à transformer des cellules d'hommes infertiles en spermatozoïdes viables.

Depuis mai dernier le projet a connu une grande avancée. Après avoir réussi à obtenir in vitro des spermatozoïdes de rat, de singe,  ils ont obtenu, à partir de biopsies testiculaires d'hommes stériles, des spermatozoïdes humains complètement formés.

Selon Marie-Hélène Perrard, chercheuse à l'Institut de génomique fonctionnelle de Lyon et cofondatrice de Kallistem, ce processus pourrait se substituer au mécanisme naturel de la spermatogenèse, qui nécessite 72 jours aux cellules du corps pour créer un spermatozoïde dans les tubes séminifères, situés à l'intérieur des testicules. 

Pourtant, selon Philippe Durand, ancien directeur de recherche à l'INRA, cette technique pourrait résoudre 30 à 50% des problèmes d'infertilité masculine. Le professeur Nathalie Rives, responsable de procréation médicalement assistée (PMA) au CHU de Rouen et spécialiste de l'infertilité masculine, soutient quant à elle que 10% tout au plus des hommes infertiles sont susceptibles de bénéficier de cette avancée.

Encore du chemin à parcourir 

Toutefois, il reste un long chemin à parcourir avant d'imaginer un bébé 100% in vitro (spermatozoïdes ET ovule), puisque si le problème de création d'un spermatozoïde à partir d'une cellule n'en est plus un, il reste à vérifier sa capacité à féconder une cellule femelle, et à transmettre un patrimoine génétique.

"Si tout se passe bien et que nous obtenons assez de financements pour continuer nos travaux, nous pourrions commercialiser notre système dans deux à quatre ans" espère Marie-Hélène Perrard. De quoi redonner de l'espoir aux quelques 120.000 hommes adultes souffrant d'une infertilité non prise en cherches par les technologies actuelles (type azoospermie, soit absence de spermatozoïdes dans le sperme). Sans oublier les enfants et adolescents atteints de cancer dont le traitement par chimiothérapie pourrait créer de l'infertilité.