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Santé – Sciences

A l'hôpital de Pithiviers, le ras-le-bol des personnels : "c'est l'usine"

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Par , France Bleu Orléans

Trois syndicats de l'hôpital de Pithiviers ont lancé une grève illimitée pour les problèmes d'effectifs et les conditions de travail. Ils ont organisé ce lundi un rassemblement devant l'entrée de l'établissement, pour alerter sur la situation qui se dégrade au détriment des patients.

Le personnel réuni ce lundi devant l'entrée de l'hopital de Pithiviers
Le personnel réuni ce lundi devant l'entrée de l'hopital de Pithiviers - Lydie Lahaix

Pithiviers, Loiret, France Loiret

Les syndicats CGT, UNSA et Sud santé de l'Hôpital de Pithiviers tirent la sonnette d'alarme, en grève depuis  le 10 mai, ils dénoncent le manque d'effectifs dans plusieurs services et leurs conditions de travail qui se dégradent. Hier après-midi ils étaient une trentaine, aide-soignants, infirmières, brancardiers, réunis durant plusieurs heures devant l'entrée de l'établissement, ils ont exprimé leur mal-être. 

L'hôpital de Pithiviers est rattaché depuis l'automne dernier au Centre hospitalier régional d'Orléans et selon eux, la direction s'attache surtout à résorber le déficit de 4 millions d'euros, plutôt qu'à résoudre les problèmes de personnel qui manque dans les services. 

Manifestation des personnels de l'hôpital de Pithiviers, le 13 mai 2019 - Radio France
Manifestation des personnels de l'hôpital de Pithiviers, le 13 mai 2019 © Radio France - Lydie Lahaix

Parmi ces soignants qui "craquent", Marie, elle est aide-soignante à la maison de retraite depuis 17 ans, elle a en charge quotidiennement 12 résidents qui sont de plus en plus dépendants, elle gère les douches, les soins, les médicaments et aujourd'hui elle n'en peut plus. "On est débordé, malheureusement on n'a pas assez de bras, c'est l'usine j'en ai ras-le-bol , c'est avec des humains qu'on travaille, ce n'est pas possible de ne pas avoir le temps de leur parler, de leur prendre la main,  la direction ne comprend pas, l'Etat ne comprend pas non plus, on est en train de tous péter un câble".

"Ce métier je l'ai choisi"

Dominique Russo est standardiste à l'hôpital, délégué syndical de l'Unsa, il exprime le même malaise "la seule chose qu'on connait c'est courir et essayer de faire au mieux , nous avons 12% de la masse salariale qui est en arrêt maladie pour souffrance au travail et à la vitesse à laquelle ils nous mènent, on se demande de quoi demain sera fait"

Même discours pour Dominique Chéron, elle est aide-soignante dans le service de médecine "ce métier je l'ai choisi, je suis retournée à l'école à 46 ans et aujourd'hui  je veux que cela change , je veux qu'on puisse prodiguer des soins de qualité, le patient n'est pas un client, la population du Pithiverais n'est pas très riche, si on n'a pas cet hôpital public, où les gens vont-ils se faire soigner ?" 

La représentante départementale de la CGT santé, Sylvie Bertuit dénonce le manque criant de personnel "il y a beaucoup de salariés intérimaires et des CDD, il ne reste plus énormément de contrats titulaires, les agents sont en tension permanente, on leur annule des congés, des jours de repos, on les harcèle au téléphone pour qu'ils viennent remplacer, ce n'est pas admissible". L'activité de l'hôpital de Pithiviers n'est pas touchée par cette grève illimitée, le personnel est réquisitionné. La direction de l'hôpital assure que des négociations auront lieu dans le cadre des réunions de travail qui étaient prévues, les 17 et 22 mai.