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Santé – Sciences

Les urgentistes grenoblois ont quitté leur service à midi pour témoigner de leur fatigue et de leur colère

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Par , France Bleu Isère

Les urgentistes dénoncent le "point de rupture jamais atteint" dans leurs services dans toute la France depuis mi-mars. Ceux de Grenoble ont rejoint le mouvement ce mardi : ils sont sortis sur les parvis des urgences adulte et pédiatrique pour protester contre les manques de moyens et d'effectifs.

Les urgences pédiatriques sont saturées à Grenoble, et les soignants à bout de forces
Les urgences pédiatriques sont saturées à Grenoble, et les soignants à bout de forces © Radio France - Véronique Saviuc

Grenoble

Ils étaient sous la pluie, en blouses blanches, avec leurs banderoles "urgentistes en colère"ce mardi à midi sur le parvis des urgences à Grenoble. 

Depuis la mi-mars est né un mouvement national pour témoigner de la saturation des services d'urgence et de la colère des soignants qui n'acceptent plus de travailler dans des conditions incompatibles avec la qualité des soins qu'ils voudraient offrir aux patients : longues files d'attente, manque d'effectifs, non remplacement des personnels absents, rappels sur les congés, heures supplémentaires nombreuses... Il y a maintenant plus de 65 services touchés par ce mouvement en France. 

On a des délais importants, des gens en souffrance- Mathieu Cardine, médecin urgentiste à Grenoble

"Nous, sur 3 ans, on a 10 % d'augmentation de fréquentation des urgences, on est passé de 55000 à 60000 passages par an", rappelle Mathieu Cardine, médecin aux urgences du CHU et au SAMU38 avant de détailler les effets de cette hausse : "on a des délais d'attente importants, des gens qui sont en souffrance. On a un défaut de personnel flagrant, avec  des heures supplémentaires qui s'accumulent pour compenser les arrêts de travail, les sous effectifs et les défauts de recrutement". 

Les urgentistes ont simulé une longue file d'attente pour témoigner de la saturation du service - Aucun(e)
Les urgentistes ont simulé une longue file d'attente pour témoigner de la saturation du service - Mathieu Cardine

On ne fait pas ce métier comme un simple travail - Mathieu Cardine, médecin urgentiste à Grenoble

Les urgentistes ont l'impression que ce manque de moyens les empêche de donner des soins de qualité à leurs patients, malgré leur forte implication : "On ne fait pas ce métier comme un simple travail, on a un engagement fort pour prendre en charge correctement nos patients, ce que l'on n'arrive plus à faire" regrette Mathieu Cardine. "Malgré des semaines et des mois de revendications, on n'a pas l'impression d'être écoutés".

Les urgentistes sous la pluie pour demander des moyens pour exercer correctement leur métier - Aucun(e)
Les urgentistes sous la pluie pour demander des moyens pour exercer correctement leur métier - Mathieu Cardine

Les enfants restent entre 8 et 10 heures dans les salles d'attente des urgences pédiatriques- Laure, puéricultrice à l'hôpital Couple-Enfant

Même fatigue, même amertume devant les urgences pédiatriques de l'hôpital Couple-Enfant à quelques centaines de mètres de là. Une dizaine de soignantes sont sorties à midi sur le parvis pour dire leur colère.

"Nos effectifs sont toujours diminués, on n'est pas remplacées, on revient sur nos congés, on a des heures sup à ne plus en pouvoir. On ne prend plus soin des patients comme on en prenait soin avant" regrette Laure, puéricultrice depuis 9 ans au centre hospitalier de Grenoble. "Les enfants restent entre 8 et 10 heures dans les salles d'attente des urgences pédiatriques".

Les urgentistes de l'hôpital Couple-Enfant font état d'une hausse constante du nombre de consultations avec moins de moyens - Radio France
Les urgentistes de l'hôpital Couple-Enfant font état d'une hausse constante du nombre de consultations avec moins de moyens © Radio France - Véronique Saviuc

Les urgentistes pointent tous les défaillances de la médecine de ville qui entraîne la saturation des urgences : "Le nombre de consultations augmente de plus en plus, on a de moins en moins de vraies urgences, et de plus en plus de consultations, constate Laure (+40% de passages depuis la création de l'hôpital Couple-Enfant en 2011, selon un médecin)

"Les médecins traitants ? Les enfants n'y vont plus", continue Laure. "Les pédiatres ? Le temps d'attente, c'est un mois avant de pouvoir consulter. Alors ils viennent ici, aux urgences. On est saturé, et parmi les urgences non-vitales pourra se cacher une urgence vitale qu'on ne verra pas."

Les banderoles sont restées accrochées après le retour au travail des urgentistes - Radio France
Les banderoles sont restées accrochées après le retour au travail des urgentistes © Radio France - Véronique Saviuc

La ministre de la Santé a dit "entendre la fatigue et l'agacement" des urgentistes, lors d'une visite a Ajaccio lundi.  Agnès Buzyn a reconnu que "les urgences sont en tension dans notre pays". Pour la ministre,"il n'y a pas de solution-miracle tant que nous n'avons pas plus d'urgentistes formés dans notre pays, c'est une problématique qui est aujourd'hui internationale."

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