Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Les urgentistes manifestent à Dijon pour réclamer plus de moyens

vendredi 5 avril 2019 à 20:29 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne et France Bleu Besançon

Une soixantaine de personnes ont manifesté en début d'après-midi ce vendredi à Dijon devant le siège de l'Agence régionale de santé. Syndicalistes, urgentistes, et élus, ils dénonçaient la situation des services des urgences dans les hôpitaux de Bourgogne-Franche-Comté.

Les manifestants devant le siège de l'ARS place des Savoirs à Dijon
Les manifestants devant le siège de l'ARS place des Savoirs à Dijon © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

Une manifestation d'une soixantaine de personnes s’est déroulée ce vendredi après-midi devant l'Agence Régionale de Santé à Dijon, à l'appel de la CGT Santé et de l'Association des Médecins Urgentistes de France. Il s'agissait de réclamer plus de moyens pour les services d'urgence en Bourgogne-Franche-Comté. Avec une attention plus particulière pour l'hôpital de Lons-le-Saunier dans le Jura, toujours sous la menace de la suppression de l'une de ses deux lignes de SMUR, les équipes médicales d'urgence embarquées à bord des ambulances. 

L'hôpital de Lons-le-Saunier, épicentre de la contestation - Radio France
L'hôpital de Lons-le-Saunier, épicentre de la contestation © Radio France - Jacky Page

Ne pas faire à Lons-le-Saunier ce qui a déjà été fait à Dole

Des élus jurassiens ceints de leur écharpe tricolore sont venus soutenir l’action syndicale, comme Laurence Bernier, maire de Frasne-les-Meulières, 124 habitants, près de Dole. Dole où une ligne de SMUR a déjà disparu l’an dernier. Les conséquences sont lourdes, dit-elle : « on a eu plusieurs échos de décès suite à des équipes qui ne sont pas arrivées à temps, comme le cas d’une personne qui nous a dit que son mari était décédé parce que le SMUR était arrivé une heure après. On a eu un autre cas où ce sont les pompiers qui sont venus, sans médecin à bord, et donc, là c’est une dame qui est décédée ». Laurence Bernier, avec le comité de défense des hôpitaux publics de Dole, est venue manifester par solidarité avec l’hôpital de Lons-le-Saunier, et pour réclamer le rétablissement de la ligne de SMUR supprimée à l’hôpital Pasteur de Dole.

Des urgences saturées

Hervé Maillot est quant à lui coordinateur régional de la CGT Santé Action Sociale. Il travaille au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône et témoigne des problèmes des urgences qui manquent de personnel d’autant plus qu’on manque aussi de médecins de ville : « si les gens viennent aux urgences, c’est aussi parce qu’ils ne trouvent plus de médecins de ville. Et puis, comme vendredi dernier à Chalon, il y avait je ne sais combien de brancards dans tout le service des urgences qui manquait de lits. Et même quand ce sont de vraies urgences, quand on dit aux gens qu’ils doivent attendre 8 heures, on peut comprendre que ça les énerve ».

Etre secouru à temps : le souci des usagers - Radio France
Etre secouru à temps : le souci des usagers © Radio France - Jacky Page

Et des ambulances sans médecins

François Thibaut, du syndicat CGT Santé au CHU de Dijon, évoque les dysfonctionnements des urgences dans l'établissement. Faute de personnel en nombre suffisant au centre 15, qui reçoit les appels, l'un des médecins du SMUR y est détaché, ce qui fait qu'une des équipes de secours en ambulance est privée de son médecin : « on a fait une procédure dégradée pour utiliser l’ambulance de réanimation de la ligne numéro un sur des transferts, avec un ambulancier et une infirmière. Il y a deux jours, au cours d’un transfert sur un AVC, le malade s’est « enfoncé » pendant le trajet avant d’arriver aux urgences à Dijon. On a été obligé d’envoyer une deuxième ambulance de réanimation sur le même patient, avec cette fois-ci un médecin ».  Comme l'utilisation de l'ambulance sans médecin est décidée par un régulateur du centre 15, c'est lui qui en porte la responsabilité pour le cas où cela tournerait mal, souligne François Thibaut. Au CHU, les syndicats estiment qu'il manque 15 postes pour compléter efficacement les 47 médecins des urgences.

Une délégation a été reçue à l'ARS, pour y exposer l'ensemble des difficultés que rencontrent au quotidien les services d'urgence de la région.