Santé – Sciences

Les victimes de la Dépakine seront indemnisées

Par François David et Anne Jocteur Monrozier, France Bleu Roussillon et France Bleu vendredi 16 septembre 2016 à 10:58

Marine Martin, présidente de l'Apesac
Marine Martin, présidente de l'Apesac © Maxppp - MICHAEL ESDOURRUBAILH

Un fonds d’indemnisation sera voté cet automne pour les victimes de la Dépakine, a annoncé ce jeudi la ministre de la Santé à la présidente de l'Apesac, l'association regroupant les familles touchées par les effets secondaires de cet antiépileptique, qui provoque handicaps lourds et malformations.

C’est sans doute l’un des plus gros scandales sanitaires des dernières décennies en France : plusieurs milliers d’enfants souffrent de handicaps lourds et de malformations à cause de la Dépakine, un médicament antiépileptique prescrit à leur mère pendant la grossesse.

Reçue ce jeudi par la ministre de la Santé Marisol Touraine, la présidente de l’association Apesac est ressortie satisfaite de son entrevue : "Elle nous a confirmé qu’un fonds d’indemnisation serait définitivement voté en décembre", explique Marine Martin, invitée de France Bleu Roussillon ce vendredi matin.

"Les enfants vont pouvoir être pris en charge et soignés au mieux."

Marine Martin, invitée de France Bleu Roussillon

Mais les familles des victimes ont promis qu'elles seront "vigilantes" concernant ce fonds promis par l'État, afin qu'il n'exclue aucune victime.

Une participation de Sanofi ?

Marisol Touraine s'est également engagée "à ce que Sanofi participe à l'indemnisation", ont fait savoir les représentants de l'Apesac à l'issue de leur rencontre avec la ministre. Le groupe français Sanofi, qui commercialise le valproate de sodium en France sous la marque Dépakine depuis 1967, n'a de son côté fait pour l'instant aucun commentaire sur cette annonce.

Alors que les risques liés à la prise de valproate de sodium sont connus depuis de nombreuses années (malformations congénitales, risque neurologiques et moteurs), il a fallu attendre 2006 pour que la Dépakine soit déconseillée en cas de grossesse. En novembre 2014, un arbitrage européen répertoriait enfin l'ensemble des risques.

Plus de 12.000 enfants en France pourraient souffrir des séquelles de la Dépakine, selon l'épidémiologiste Catherine Hill, qui a établi une estimation "prudente" à partir des ventes du médicament et du nombre de femmes enceintes traitées.

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