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Santé – Sciences

Lévothyrox : "J'ai de très fortes fatigues, un peu comme si j'étais droguée", témoigne une habitante d'Ardentes

vendredi 25 août 2017 à 16:39 Par Romain Romain Pouzin Roux, France Bleu Berry et France Bleu

Depuis un mois, la vie de cette habitante d'Ardentes (36), est bouleversée : grosses fatigues, crampes et palpitations. Pour elle, aucun doute : c'est la faute du Lévothyrox, un médicament qu'elle prend tous les jours. Sa formule a été récemment changée par le laboratoire qui le commercialise.

Levothyrox illustration
Levothyrox illustration © Maxppp - Alexandre Marchi

Indre, France

Mercredi soir, en voyant un reportage sur France 2 consacré à l'affaire du Lévothyrox, Mauricette, 79 ans, a enfin compris ce qui lui arrivait. Depuis un mois, elle voit bien que quelque chose cloche. "Je suis sujette à des fatigues, un peu comme si j'étais droguée, tellement fortes que je dois m'allonger", se plaint cette habitante d'Ardentes, dans l'Indre. Crampes aux doigts et aux jambes pendant la nuit, palpitations cardiaques... Comme de nombreux patients souffrant d'insuffisance de la thyroïde, la septuagénaire accuse la nouvelle formule du médicament, fabriqué par Merck, un laboratoire allemand.

Mauricette demande au laboratoire de revenir à l'ancienne formule

"Je prends ces cachets depuis 1986, il nous empêche d'avoir le cancer de la thyroïde", s'énerve-t-elle, avant de tonner : "Pourquoi ce laboratoire a-t-il changé la formule et, en plus, sans nous en informer ?" Mauricette a tenté de poser ces questions au numéro vert mis en place par le gouvernement (0 800 97 16 53) face à la multiplication des témoignages. En vain : la plateforme téléphonique est prise d'assaut.

La faute sans doute aux "excipients"

En France, 3 millions de personnes en hypothyroïdie prennent quotidiennement du Lévothyrox. Dans la nouvelle formule du médicament, commercialisée depuis le mois de mars, le principe actif n'a pas été changé, mais afin de le stabiliser, les "excipients" ont subi une modification. Ce sont des substances non-thérapeutiques, présentes dans le médicament pour faciliter son administration et sa conservation. "Ils peuvent aussi avoir un impact sur l'absorption de la molécule par l'organisme", explique Michel Martinez, préparateur en pharmacie à Châteauroux. Résultat : certains patients assimileraient moins bien le médicament et les symptômes de leur maladie se réveillent.

"Il n'y a pas de risque pour les malades", assure ce pharmacien

Pour certains patients, cela prend des mois avant de trouver le bon dosage du médicament et de supprimer les symptômes de la maladie.  - Maxppp
Pour certains patients, cela prend des mois avant de trouver le bon dosage du médicament et de supprimer les symptômes de la maladie. © Maxppp - Baziz Chibane

"Le problème, c'est que les patients n'ont pas été prévenus de ce changement et cela provoque la panique, amplifiée par les médias", analyse le spécialiste. "Mais il ne faut pas trop s'angoisser", rassure-t-il. Le laboratoire martèle en effet que la vie des patients n'est pas en danger et que seule une petite minorité de patients a souffert de la transition. Le ministère de la santé estime quant à lui que "si les effets indésirables persistent, un nouveau dosage du médicament peut être nécessaire". Mais cela ne calme pas la fureur des patients : une pétition pour le retour à l'ancienne formule a déjà été signée par plus de 126 000 personnes.