Santé – Sciences

Levothyrox : Merck condamné par le tribunal de Toulouse à délivrer l’ancienne formule en Haute-Garonne

Par Oanna Favennec et Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse et France Bleu mardi 14 novembre 2017 à 11:00 Mis à jour le mardi 14 novembre 2017 à 16:31

Le médicament contre les troubles de la thyroïde (illustration)
Le médicament contre les troubles de la thyroïde (illustration) © Maxppp -

Le tribunal de grande instance de Toulouse a donné raison ce mardi à 25 des 90 plaignants qui avaient demandé à Merck de se voir délivrer l’ancienne formule du médicament pour la thyroïde. Les laboratoires font appel mais annoncent l'import de 200 000 boîtes pour se conformer au jugement.

Le Tribunal de grande instance de Toulouse a condamné ce mardi le laboratoire pharmaceutique Merck à fournir "par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai, le produit ancienne formule" du Levothyrox aux patients de Haute-Garonne qui l'ont réclamé. Merck devra payer 10.000 euros par jour d’ici-là par infraction constatée.

Selon Maître Lévy, qui représente le collectif des Victimes du Nouveau Levothyrox Occitanie, cette décision est "juste", et l'avocat salue un "président courageux qui n'a pas hésité à prendre une condamnation contre l'un des plus gros laboratoires mondiaux."

Le collectif des Victimes du Nouveau Lévothyrox Occitanie, représenté par Maître Lévy, avait déposé un recours en référé contre le laboratoire, pour que la promesse faite par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, soit tenue, et qu'il soit possible pour eux de trouver en pharmacie les deux formules : l’ancienne et la nouvelle. Ses membres font partie des milliers de patients ayant signalé de graves effets secondaires du nouveau médicament (crampes, des maux de tête, des vertiges, troubles du comportement ou même la perte des cheveux).

Les laboratoires Merck font appel

La riposte n'a pas tardé. L'avocat des laboratoires considère qu'il y a une "contradiction" entre le jugement du TGI de Toulouse et ses constations. Me Antoine Robert annonce qu'il fait appel. Mais ce recours n'est pas suspensif, son client se "conformera donc à la décision de justice", précise l'avocat. Mardi soir, les laboratoires ont annoncé l'import de 200 000 boîtes de l'ancienne formule.

Me Robert, l'avocat des laboratoires Merck, explique pourquoi le jugement du tribunal de grande instance de Toulouse lui semble contradictoire

Sylvie Chéreau, porte-parole du collectif VNLO : "On a été en colère et là on se sent apaisés. On a été compris. Et maintenant nous souhaitons que cela fasse jurisprudence."

Le juge était allé vérifier

Lors de l’audience du mercredi 8 novembre, une scène surréaliste avait eu lieu : le président du tribunal de Grande Instance de Toulouse s'était lui-même rendu dans une officine pour voir de ses propres yeux ce que dénoncent les victimes, traversant la rue direction la pharmacie voisine, une ordonnance à la main, pour vérifier s’il pouvait acheter l’ancien médicament.

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