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Santé – Sciences

Levothyrox : une analyse révèle le sous-dosage de la molécule active et un composant caché, Merck dément

jeudi 14 juin 2018 à 10:35 - Mis à jour le jeudi 14 juin 2018 à 15:56 Par Géraldine Houdayer, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Occitanie et France Bleu

Une association de malades a fait analyser la nouvelle formule du Levothyrox avant d'en livrer ses conclusions, ce jeudi. L'analyse révèle que le médicament contient moins de substance active qu'annoncé, et la présence d'une molécule non vendue en France et absente de la liste des composants.

Le Levothyrox a été analysé par une association de malades.
Le Levothyrox a été analysé par une association de malades. © AFP - CHASSENET/BSIP

L'Association française des malades de la thyroïde, l'AFMT, annonce ce jeudi avoir mené une analyse sur la nouvelle formule du Levothyrox, dont beaucoup de patients disent souffrir des effets secondaires, dévoile franceinfo. 

Moins de substance active que prévu 

Ces recherches révèlent que cette formule contient moins de Lévothyroxine que les spécifications en vigueur, ce qui pourrait expliquer les dysfonctionnements du traitement. "Des patients cancéreux se trouvent sous-dosés en hormones thyroïdiennes, nous avons observé de façon conséquente 'des réveils de cancers endormis depuis des années' ", explique l'association.

Une molécule cachée non vendue en France 

Le deuxième élément de cette étude est la présence, dans le traitement, de Dextrothyroxine, qui ne figure pas, selon l'association, dans la liste des composants. Cette substance de synthèse, non commercialisée en France, a été retirée de la vente aux Etats-Unis en raison d'effets secondaires similaires à ceux décrits aujourd'hui par les malades de la thyroïde qui décrivent des crampes, maux de tête, vertiges et perte de cheveux.

Les résultats transmis à la justice 

Les résultats de cette étude ont été transmis à la juge d'instruction du pôle santé de Marseille chargée du dossier, ouvert pour tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger d'autrui. L'AFMT, estimant que "la sécurité sanitaire ne permet pas d'attendre l'issue de l'instruction pénale pour agir", en appelle à l'Agence nationale du médicament, lui demandant de mener une étude sur un nombre significatif d'échantillons, ancienne et nouvelle formule, par des laboratoires indépendants.

Une explications aux effets secondaires de la nouvelle formule ? 

"A ce stade notre Association ne prétend pas sur une seule étude, disposer d'une preuve indiscutable mais d'un fait nouveau important car si ces résultats étaient confirmés, comme on peut le penser, ils pourraient constituer une explication rationnelle à cette crise, d'origine toujours inconnue", précise l'association.

Le laboratoire Merck dément formellement 

Le groupe Merck, qui fabrique le Levothyrox, dément formellement ces informations ce jeudi. Pour le laboratoire, "une fois encore, l'Association française des malades de la thyroïde fait une déclaration infondée scientifiquement", indique-t-il à France Bleu. "Nous démentons de façon formelle la présence de Dextrothyroxine dans les comprimés de Lévothyrox, qu’il s’agisse de l’ancienne ou de la nouvelle formule", affirme Valérie Letho, la pharmacienne responsable du groupe.

Aucun détail n’est donné quant aux méthodes utilisées pour ces études" - Le laboratoire Merck 

"Aucun détail n’est donné quant aux méthodes utilisées et aux conditions dans lesquelles ces études ont été réalisées, aucune présentation exhaustive des résultats n’est communiquée, et l’AFTM elle-même, une fois de plus, émet des réserves quant à la reproductibilité de ces résultats", souligne le groupe. Merck rappelle que de nombreuses analyses ont déjà été réalisées par les autorités compétentes, "sans identifier la moindre non-conformité de notre produit".

L'ANSM et le laboratoire Merck ont remplacé, en février 2017, l'ancienne formule du Lévothyrox par une nouvelle. 500.000 patients se sont détournés de ce traitement depuis, selon le ministère de la Santé